Banane : les acteurs veulent reprendre la main

Après une baisse de régime consécutive à la crise en zone anglophone, qui a notamment affecté la CDC, l’heure est à la remobilisation.

Tiko, région du Sud-Ouest, ce jeudi 25 juillet. Sur le site de production des Plantations du Haut Penja (Php) développé ici, la vie et l’activité ont repris leur cours normal. Des régimes de banane, suspendus à des sortes de rails en hauteur suivent le processus de traitement après avoir été coupés dans les plantations environnantes. Mais ce tableau, succession de gestes précis effectués dans une ambiance studieuse, n’a pas toujours été aussi quiet ces derniers mois. En raison de la situation tendue dans les régions anglophones. Désormais, l’armée veille au grain, et le business a repris. Environ 185 hectares sont en production, sur les quelque 300 hectares de la Php à Tiko. « L’activité se poursuit, en dépit de la situation », a confié à des journalistes, ce même jeudi, le secrétaire exécutif de l’Association bananière du Cameroun (Assobacam). Joseph Owona Kono s’exprimait ainsi dans le cadre d’une visite d’études et d’information sur la filière, visite qui a ensuite conduit les hommes et femmes de médias dans les installations de la Cameroon Development Corporation (Cdc) à Tiko.
Cette entreprise a payé un lourd tribut à l’instabilité susmentionnée. Sa filière « banane » en premier. Deux attaques ont été enregistrées en juillet et deux autres en août 2018 sur des sites de la Cdc, pour un bilan humain de 72 employés blessés – parfois grièvement –, et de lourds dégâts matériels. « Dès le 31 août 2018 il y a eu cessation d’activités et depuis janvier 2019, nous en sommes à 32 milliards de pertes », a confié un « Unit Manager » de la Cdc. Une situation à laquelle il faut remédier au plus vite. A la Cdc, les premières mesures dans ce sens consistent à sécuriser les sites où les cultures vont reprendre.
En attendant, d’autres sites, dans la région du Littoral notamment, restent actifs et productifs. « Le gouvernement tient à la relance de la filière banane, et Mbanga est au centre de ce projet », a indiqué Voh Armstrong Buikame, sous-préfet de la localité, dans un échange avec la presse. Il est donc prévu une reprise des activités de l’ancienne Spm par une nouvelle entité, la Société agricole de Mbanga (Sam). Par ailleurs, 1.100 ha viennent d’être dégagés par l’Etat de la réserve foncière locale, et seront affectés à la société Compagnie fruitière. A Njombe-Penja, les activités de la Php se poursuivent normalement. L’entreprise projette d’exporter 174 060 tonnes en 2019, contre 164.000 l’année dernière. Une extension a été lancée à Edéa, en Sanaga-Maritime, où 360 tonnes sont attendues. Autre acteur de la filière, Boh Plantations, qui, outre 260 ha en exploitation depuis 2010 dans le Fako, a lancé, dès 2016, l’exploitation de 170 ha dans le Moungo. « 107 ha sont actuellement en production », apprendra la presse.
 

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