« Ce calendrier vient remettre les pendules à l’heure »

Pr Catherine Marie Awoundja Nsata, inspecteur général des Enseignements au ministère des Enseignements secondaires.

Le nouveau découpage de l’année scolaire ramène la communauté éducative à l’ancienne école. Pourquoi ?
La principale mission du ministère des Enseignements secondaires porte sur l'élaboration, la mise œuvre et l'évaluation de la politique du gouvernement en matière d'enseignement secondaire général, technique et normal. Sous ce rapport, le calendrier de l'année scolaire a pour objectif de clarifier les activités des différents acteurs. On peut cependant relever qu'au cours de ces deux dernières décennies, cet outil de pilotage pédagogique a connu des aménagements. En effet, la situation sociopolitique et économique des années 90 a fortement influencé le secteur de l'éducation avec la grève des enseignants qui elle-même a eu pour conséquences : la baisse du niveau des élèves et le taux d'échec particulièrement élevé aux examens certificatifs. Il fallait trouver une solution adéquate pour tenter de relever ces défis. C'est alors que le maître des lieux de l'époque avait engagé le système éducatif dans le découpage de l'année scolaire en six séquences. Il s'est agi d'un changement imposé par le sommet stratégique car, le premier texte signé en 1995 est une décision d'application du nouveau système. Ainsi, est-on passé, sans préparation préalable, de trois compositions trimestrielles à six évaluations séquentielles. Ce passage en force a suscité des réticences chez les acteurs du système. Mais, au fil du temps, ils se sont plus ou moins adaptés à la nouvelle donne tout en soulignant ses contraintes et ses insuffisances. Entre autres, on a passé plus de temps à évaluer, à faire de l'administration qu'à enseigner. Le nouveau calendrier tente donc d'apporter une réponse aux sollicitations de la communauté éducative en distinguant nettement la séquence administrative de la séquence didactique. L'enjeu majeur est de faire du calendrier scolaire un instrument au service de la performance scolaire.
Les séquences disparaissent avec le nouveau système. Mais, vous parlez toujours de séquence administrative et de séquence didactique. Où se situe la différence ?
La séquence administrative porte essentiellement sur le découpage de l'année en trimestres, au cours desquels il est dit clairement que la direction de l'établissement veille au bon déroulement des enseignements et à l'organisation des évaluations sous forme de devoirs surveillés, éventuellement harmonisés et donnant lieu à la confection d'un bulletin de notes. Quant à la séquence didactique, elle est organisée autour d'un objectif terminal que nous appelons aujourd'hui, compétence. L'enseignant doit exécuter un programme. Au début de chaque année scolaire, les enseignants d'une discipline, dans le cadre du conseil d'enseignement, élaborent des projets pédagogiques par niveau. C'est à partir de ces projets pédagogiques que l'enseignant confectionne la séquence didactique d'une classe donnée : on parle de contextualisation des savoirs et leur transformation en objectifs d'apprentissage. Dans le cadre de l'Approche par les compétences (APC), le travail se déroule en trois phases : l'apprentissage des ressources, les activités d'intégration et l'évaluation de la compétence à résoudre un problème de la vie courante.
Concrètement, à quoi doivent s’attendre les membres de la communauté éducative, chacun en ce qui le concerne ?
Sur le plan pédagogique, les parents recevront les copies de leurs progénitures avec le sceau de l'établissement pour consultation et signature à la fin de chaque séquence d'apprentissage. Les bulletins de notes scolaires seront distribués aux élèves à la fin de chaque trimestre. Sur le plan administratif, les périodes d'interruption des cours d'une durée de deux semaines chacune ne coïncident plus avec les fins de trimestres. En termes d’avantages, ce système permet la clarification des différentes activités de l'année scolaire, une bonne visibilité quant à la gestion des grands événements religieux et publics, ainsi que le rééquilibrage des trimestres. Les défis, eux, étant d’informer toutes les parties prenantes à temps et former avant la rentrée scolaire les principaux acteurs par rapport à ces changements.
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category