« Pour atteindre des résultats, il faut les moyens »

Serge Abouem, président de la Fédération camerounaise de volley-ball.

En deux semaines, le volley-ball camerounais rayonne sur la scène continentale avec une CAN en dames et un titre de vice-champion d’Afrique en messieurs. Etes-vous un président heureux ? 
Au plan international, je suis un président très heureux. La Refondation est multisectorielle puisqu’elle concerne la juvénilisation des effectifs, la formation des entraîneurs, la réforme du championnat, le marketing, le sponsoring et la communication et les infrastructures. Nous devons continuer à travailler sur ces autres aspects pour que nous puissions atteindre 80 à 90% des objectifs que nous nous sommes fixés il y a six ans. C’est lorsque l’ensemble de notre projet sera mis à exécution à un taux acceptable que le président que je suis pourra se dire satisfait de ce qu’il a fait à la tête de la Fédération camerounaise de volley-ball
Vous avez mis les pouvoirs publics au défi en demandant de mettre les moyens à votre disposition pour que vous rameniez des lauriers…
Pour atteindre des résultats, il faut les moyens. Pour nous, il était question d’avoir les moyens pour remplir cette mission de service public. N’oubliez pas que les fédérations participent du service public, comme dans tous les autres secteurs de la vie sociale, politique, économique. Le gouvernement fait déjà assez. Mais, son intervention ne s’arrête qu’au niveau du financement des équipes nationales. Quand nous avons 100 F pour les équipes nationales, 60 F vont dans les billets d’avion, une partie va dans les hôtels et les primes. Et il ne reste plus rien pour développer le volley-ball à la base. Or, sans ce développement à la base, nous n’aurons pas d’équipes nationales performantes. C’est la raison pour laquelle je viens encore de demander au ministre des Sports de nous subventionner pour que les jeunes à travers le pays puissent jouer au volley-ball dans de bonnes conditions. Ce n’est pas très cher si on essaye de bien monter les projets. 
Y-a-t-il des chances que le Cameroun glane également les mêmes lauriers avec les clubs lors des campagnes internationales ? 
Ce sera très difficile. Tout simplement parce que les équipes maghrébines forment leurs championnats nationaux autour de deux équipes qui font les 90% de leurs sélections nationales. Or, chez nous, dès qu’un enfant est fort, lorsqu’il éclot, il va à l’étranger. Ce qui fait que nous sommes dans un perpétuel cycle de recommencement. Dans ces conditions, on ne peut pas véritablement avoir des clubs qui puissent aller en confrontation avec les équipes maghrébines.  
 

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