Un appui qui tombe bien

Le Fonds régional de stabilisation du Bassin du lac Tchad a vocation à mettre définitivement hors d’état de nuire le groupe terroriste Boko Haram. Bien qu’étant considérablement affaiblie par les assauts des forces coalisées, cette nébuleuse qui s’est signalée, depuis une dizaine d’années, continue de se manifester par des attaques sporadiques au Nigeria, au Niger, au Tchad et au Cameroun. Ces soubresauts ont parfois fait croire que Boko Haram tentait de se redonner une nouvelle vie. Il n’en est rien. A la suite des options stratégiques ayant diminué les capacités de nuisance de ce groupe terroriste, il s’agit désormais pour les Etats membres de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) de maintenir la pression au plan militaire pour anéantir Boko Haram. Une telle pression passe par le renforcement de la coopération transfrontalière entre les Etats membres de la CBLT de manière à décourager les velléités terroristes et à stabiliser le Bassin du lac Tchad.  C’est à dessein que les 8 gouverneurs des Etats fédérés du Borno, Yobé et Adamawa au Nigeria, de la région de Diffa au Niger, des régions du Nord et de l’Extrême-Nord au Cameroun et des provinces Hadjer–Lamis et du lac Tchad ont débattu du 16 au 18 juillet dernier, de la stratégie de stabilisation du Bassin du lac Tchad dans la capitale nigérienne, Niamey. 
Certes la stratégie de stabilisation du Bassin du lac Tchad avait été adoptée à la fin du mois d’août 2018 à Abuja, la capitale fédérale du Nigéria par le conseil des ministres de la CBLT. Pour autant, son opérationnalisation demeurait lettre morte. La mise en œuvre de la stratégie de stabilisation est désormais acquise grâce à l’enveloppe d’environ 59 milliards de F mis à disposition par les gouvernements allemand, suédois et anglais ainsi que par l’Union européenne et le Programme des Nations unies pour le développement. Lesquels ont déjà débloqué plus de la moitié de ce financement. Sans aucun doute, cet appui capital donne les coudées franches aux Etats membres de la CBLT pour matérialiser leur stratégie de stabilisation dont les axes majeurs sont la sécurité, la paix et le développement. Il s’agit notamment de financer le redémarrage des activités socio-économiques ayant été paralysées par les manœuvres des terroristes. Il s’agit également de reconstruire les services sociaux de base détruits par les terroristes, renforcer la coopération civilo-militaire, œuvrer pour la réintégration des anciens éléments de Boko Haram, veiller au retour des déplacés, et mettre à jour les instances locales de gestion et de prévention des conflits pour renforcer la cohésion sociale. Autant d’actions qui éloignent le spectre de la guerre et redonne l’espoir de vivre à l’intérieur des frontières sécurisées aux populations naguère meurtries par des attaques terroristes.           
 

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