Paix et vivre-ensemble : la caravane des chefs à l'Est

Mercredi dernier, les gardiens des us et coutumes ont sensibilisé les populations de Bertoua sur la nécessité de préserver ces valeurs républicaines pour un développement harmonieux.

Pour la paix et le vivre-ensemble, on peut compter sur la voix des chefs traditionnels du Cameroun. Outrés par le discours de la haine et la crise sociopolitique dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, avec sa cohorte de violences, ils conduisent une caravane de la paix et de vivre ensemble dans l’ensemble des dix régions du pays. Bertoua accueillait, le 14 août dernier, la deuxième étape après Douala. Cette initiative des chefs traditionnels est née le 22 juin 2019, à Batchenga. C’était à l’initiative de la coordination nationale et sous régionale Afrique centrale du Conseil panafricain des autorités traditionnelles et coutumières. L’objectif de cette descente est de délivrer aux populations un discours pacifique afin de faire comprendre aux Camerounais de tout bord l’impérieuse nécessité de vivre en frères et sœurs, de regarder ensemble dans la même direction, en dépit de leur diversité et de partager et avoir l’esprit de la communauté de destin. 
Le coordonnateur national de la caravane de paix et de vivre-ensemble des autorités traditionnelles et coutumières (CPATC Cameroun), sa majesté Prosper Parfait Mbassi Bessala, chef traditionnel à Nkolossanga le Centre, a rappelé que personne ne tire avantage de la situation actuelle. Au contraire, selon lui, nos enfants s’entretuent. Beaucoup ne vont plus à l’école. Des hôpitaux, écoles, routes sont détruits. De nombreux déplacés souffrent. Des chefs traditionnels eux-mêmes sont tués et obligés d’abandonner leurs palais par peur pour leur sécurité.
Dans leur message délivré aux populations à la place des fêtes de Bertoua, ils ont aussi dit « stop à la souffrance de nos populations. Stop aux appels au tribalisme et à la haine. Stop à l’exode forcé des populations. Stop à la destruction des familles et des destins, car qu’ils soient francophones, anglophones, chrétiens, musulmans, protestants, animistes, citoyens de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua, de l’Est, du Sud, du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest ou du Centre, ce sont tous nos enfants ». Ils ont rappelé que la paix n’est pas une affaire de partis politiques au pouvoir ou en quête de pouvoir. Ni une affaire d’un groupe ethnique, religieux ou d’une aire culturelle. Mais plutôt une exigence collective et individuelle. 
 

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