Soudan: la transition est en place

Cinq militaires et six civils vont gouverner le pays jusqu’à l’élection présidentielle prévue en 2022.

Attendu depuis dimanche 18 août 2019 , c’est finalement mardi dernier, 20 août que le Conseil souverain devant assurer la transition au Soudan jusqu’à l’élection présidentielle de 2022 a été mis en place. C’est un conseil mixte de 11 membres dont six civils et cinq militaires, à la tête duquel se trouve le général Abdel Fattah al-Burhare. Son investiture est prévue ce jour, 22 août. L’accord entre les militaires et la contestation qui a abouti à la formation du Conseil souverain stipule que cet organe de transition soit dirigé dans un premier temps par les militaires avant de passer sous le contrôle des civils dans un peu moins de deux ans. Autrement dit, le général Abdel Fattah al-Buhane préside le conseil pendant 21 mois avant de passer la main aux civils pour les 18 derniers mois, conformément aux clauses de l’accord. Le retard accusé dans la formation du Conseil souverain est imputé aux Forces pour la liberté et le changement (FLC) issues de la principale organisation du mouvement de protestation, en raison des désaccords au sein de la contestation. Pour l’instant, la nomination du Premier ministre est très attendue. L’économiste Addallah Hamdok, candidat de la contestation avait été retenu par l’Accord. On attend voir si le Conseil validera cette proposition. Il devra ensuite former un gouvernement dont la composition doit être annoncée le 28 août et qui s’attellera au redressement d’une économie jugée exsangue et à la pacification du pays marqué par plusieurs conflits internes dont celui du Darfour dans l’Ouest n’est pas des moindres.

Malgré l’euphorie engendrée par la signature officielle de l’accord de transition samedi, un malaise est palpable dans le camp des protestataires en raison notamment de l’omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, le chef d’une redoutée force paramilitaire accusée d’être impliquée dans la répression de la contestation. Ce dernier est également numéro deux du Conseil militaire de transition qui avait pris la succession d’Omar el Béchir et a été nommé mardi au Conseil souverain. La transition entre en scène au moment où l’ex-président a comparu le 19 août devant le tribunal où il doit répondre de la charge de corruption.

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