Trafic des produits pétroliers : tromperies à la pompe

Les usagers dénoncent les combines organisées par des responsables des stations-service pour maximiser leurs gains endommageant par la même occasion les véhicules.

Cyrille Meva’a a déjà trouvé son astuce. Pour s’approvisionner en carburant, il se rend dans une station-service muni d’un bidon. Une fois le produit servi, il se charge luimême de l’introduire dans son véhicule. Il s’est résolu à utiliser cette pratique après avoir été plusieurs fois abusé dans les points de distribution de carburant où le rapport quantité-prix n’était pas toujours respecté. En effet, l’une des techniques utilisées par les pompistes dans les stations est le pompage d’air dans le réservoir avant d’injecter une petite quantité de carburant. Ainsi vous pouvez payer 10 litres de carburant mais vous ne vous retrouvez qu’avec 5l dans le véhicule. Autre technique, la plus risquée d’ailleurs pour les automobilistes: le mélange de carburant avec d’autres liquides. L’incident survenu à Douala samedi dernier dans une station en présence du ministre en charge du secteur est venu remettre au goût du jour la qualité du produit distribué dans les stations. Paul Ntsimi Oyono, propriétaire d’un garage automobile est péremptoire. Pour lui, le carburant vendu dans certaines stations au Cameroun n’est pas pur. Il est mélangé à de nombreuses matières notamment le pétrole, l’eau et des huiles. « Ces stations font du mélange. Mais il y en a qui mélangent un peu moins. C’est pour cela que nous allons préférer certaines stations à d’autres. Je reçois de nombreux véhicules endommagés du fait de la qualité du carburant.», témoigne ce mécanicien rencontré dans une station au lieu-dit carrefour Mvog Atangana- Mballa. Des injecteurs et moteurs abimés, des pompes à essence endommagées font partie des pannes récurrentes", rajoute le technicien supérieur en mécanique.

La contrebande n’est pas en reste. En effet, il y a un pan de la fraude des produits pétroliers qui s’effectue en mer. Le sous-comité mis en place pour lutter contre l’importation des produits pétroliers à partir de la mer nous a permis de saisir un certain nombre de navires qui viennent approvisionner directement certaines stations-services et des camions au niveau de Youpwè à Douala », explique Antoine Bossong Ndjodjeng, directeur des produits pétroliers et du gaz au Minee. Il y a quelques semaines, un navire transportant 40000 litres de carburant notamment du gasoil venu approvisionner des marqueteurs a été saisi. Dimanche dernier encore, deux remorqueurs en train d’approvisionner deux pirogues ont été saisis. Au banc des accusés, les responsables de stations qui se défendent, rapports de contrôle à l’appui. Pour eux, l’incident de samedi à Douala n’est qu’une malencontreuse erreur. Ce lundi matin, un responsable d’une station située à la Rue de l’aéroport martèle avec la dernière énergie sous le regard de ses employés mais aussi des agents du ministère du Commerce en visite inopinée, que le carburant vendu ici est de bonne qualité. Affirmation validée par ces agents. Des contrôles inopinés, ils en reçoivent régulièrement, notamment celui de la société Hydrac, une entreprise chargée de l’analyse et du contrôle qualité des hydrocarbures. Il faut dire que, lenombre de stations-service a triplé entre 2000 et 2018. Le Cameroun en compte 814 aujourd’hui pour 38 opérateurs. Redoublant ainsi le travail des contrôleurs. Ce qui a permis selon de récentes données de réduire le taux de fraude de 36% en 2011 à 1,6% en 2018.

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