Arts et Culture : c’est jour de rentrée

« Cet événement veut mobiliser tous les artistes »

 

A11h, ce 10 septembre au Musée national à Yaoundé, le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, va donner le top départ de la Rentrée culturelle et artistique nationale (Recan). Une quatrième édition faste, avec pour particularité première la synchronisation de l’événement à travers les 10 régions du pays. La mobilisation est générale, selon le ministère des Arts et de la Culture, principal organisateur de cette grand-messe du patrimoine et du vivre-ensemble. Dans cette perspective, les gouverneurs de région et les responsables des comités locaux vont procéder au lancement des différentes activités en harmonie, pour que les émotions liées à la culture camerounaise se vivent à l’unisson. Ceci jusqu’au 30 septembre prochain. Dans un entretien, le ministre Bidoung Mkpatt parle des enjeux et des différentes articulations de cette rencontre de trois semaines, centrée sur la richesse et la diversité culturelles du pays

Monsieur le Ministre, la Rentrée culturelle et artistique nationale 2019 s’ouvre ce jour sur l’ensemble du territoire national avec de nombreuses innovations. Peut-on dire qu’il s’agit d’une rentrée newlook ?

Votre qualificatif, je pense, pourrait être attribué à toutes les Rentrées culturelles et artistiques nationales (Recan). Car aucune organisation d’une Recan ne ressemble à une autre. Ce sont à chaque fois des évènements d’appels en permanence, de toutes les parties prenantes au développement de la créativité artistique et culturelle. Le vocable « new-look » concernerait le nouveau format d’organisation cette année de la Recan. Mais cet effort s’inscrit plutôt dans la continuité du travail amorcé par mes illustres prédécesseurs auxquels je rends hommage. En promouvant les Rentrées culturelles et artistiques nationales, ils ont institué une tradition. Celle-ci consiste donc à réussir à lancer avec le même panache, sinon mieux, le signal que nous venons de décrire qui se situe dans la continuité des innovations mises en place par mes illustres prédécesseurs. Je leur rends donc hommage à eux qui, après Yaoundé en 2016, Ebolowa en 2017 et Ngaoundéré en 2018, ont réussi à faire de la Rentrée culturelle et artistique nationale une heureuse tradition désormais inscrite dans les moeurs culturels au Cameroun.

Quelle symbolique donnez-vous à cet événement qui mobilise toute la nation ?

Le concept de la Rentrée culturelle et artistique nationale renvoie à plusieurs acceptions dont, entre autres, à celle qui concerne l’organisation de l’évènement comme celui du 10 septembre au 1er octobre 2019, qui donne le signal de départ à tous les acteurs du sous-secteur. Un évènement qui marque le coup d’envoi et enclenche la dynamique de mobilisation totale, de mise en alerte, pour tout dire, de mise en ordre de bataille de tous les artistes, hommes de culture, divers partenaires concernés, pour développer davantage la créativité à travers des initiatives originales, audacieuses, dans toutes les disciplines des Arts et de la Culture. Cette acception concerne également l’affirmation toujours davantage de l’identité de la culture camerounaise et un meilleur rayonnement de l’image de marque de notre pays. Il s’agit donc de l’appel des artistes et hommes de culture à innover en permanence, car leurs productions honorables sont des éléments essentiels à la construction de soi, d’échanges avec l’autre. Ces productions permettent à chacun de découvrir et construire son identité et son rapport au reste du monde par deux voies complémentaires : l’assimilation de l’héritage culturel et la découverte de la force et de la diversité de la création.

Comment pérennisez-vous la Recan tout en y ajoutant une touche particulière ?

En effet, pour continuer à pérenniser cette heureuse tradition, nous avons tenu compte des activités culturelles et artistiques désormais intenses et très diversifiées dans toutes les régions sans exclusive (art musical, arts divinatoires, jeux traditionnels, danse, arts de la rue, arts culinaires, etc.). Egalement, nous avons pris en compte le souhait de la majorité des parties prenantes de ne pas attendre plusieurs années (neuf ans) pour qu’enfin la Région de référence abrite un lancement national de la Rentrée culturelle et artistique nationale. C’est pourquoi cette année, la Recan est organisée avec un programme national synchronisé et harmonisé démontrant l’effectivité de la vitalité de la créativité dans les régions et réaffirmant l’unité du Cameroun-un-et-indivisible. Ceci avec des activités se déroulant aux mêmes jours, dates, heures, au même moment sur l’étendue du territoire national. Bien entendu, il reste des activités délocalisées, programmées de façon autonome par la Région.

En plus de cette idée de synchronisation, quel est le principal objectif de cette édition 2019 ?

Il est nécessaire de rappeler d’abord que la quatrième édition de la Rentrée culturelle et artistique nationale est placée sous le très haut patronage du chef de l’Etat. Cette très haute sollicitude du chef de l’Etat, qui a bien voulu donner son très haut accord à l’évènement, interpelle les artistes et hommes de culture à développer des activités qui tendent vers l’excellence. En réponse à votre question, le but majeur de cette quatrième édition de la Recan est d’assurer le déroulement effectif des activités de l’évènement sur l’ensemble du territoire, de manière synchronisée en lieux, dates et heures. Pour ce faire, un programme national harmonisé a été élaboré et c’est dans cette dynamique, que les gouverneurs de régions, présidents des comités locaux d’organisation vont assurer la coordination de toute la programmation harmonisée et synchronisée de mise en valeur de nos arts dans leurs composantes plurielles. Le lancement va se faire de manière simultanée dans les dix chefs-lieux de régions. Au siège des institutions à Yaoundé, ce lancement sera spécial et présidé par le Premier ministre, chef du gouvernement, représentant personnel du chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, président de la République. Des activités spécifiques ont été programmées, il s’agit entre autres, de l’hommage national qui sera rendu à des icônes de certaines disciplines ayant remporté des prix internationaux, notamment la littérature et le cinéma, et qui ont bénéficié de la part du chef de l’Etat, de distinctions et de primes spéciales. Au-delà de l’originalité, de la beauté et de la diversité des activités programmées, la quatrième édition de la Recan s’inscrit dans un paradigme nouveau et, c’est là, la deuxième innovation. Il s’agit de permettre au mouvement artistique et culturel de se projeter dans un proche avenir, en regroupements par disciplines artistiques et culturelles.

Pouvez-vous être plus explicite sur ces regroupements ?

C’est une démarche qui a pour but de structurer le mouvement artistique et culturel autour d’une dynamique synergique des acteurs de chaque discipline. L’idée globale étant de permettre à ceux-ci de mutualiser leurs efforts afin d’apporter des réponses aux questions qui se posent à eux, dans l’exercice de leur métier, tant sur les plans socio-culturel, professionnel, qu’économique. Dans cette perspective, il y a un travail de fond en cours qui devrait aboutir à l’organisation du mouvement artistique et culturel sous forme de fédérations, dans l’optique d’harmoniser le mouvement artistique et culturel national dans un proche avenir.

La Recan « new-look » joue-t-elle un rôle dans cette démarche ?

Le nouveau paradigme de la Recan, prétexte d’ancrage d’une nouvelle ère et d’une dynamique nouvelle dans le mouvement artistique et culturel national poursuit un idéal : celui de structurer ce sous-secteur dans sa globalité. Une telle démarche requiert de baliser par la réflexion en amont, les différents handicaps au plein envol des Arts et de la Culture au Cameroun. Ensuite, d’activer un certain nombre de mécanismes susceptibles de booster de manière significative notre sous-secteur. Et la thérapie heuristique passe à notre sens, par un rassemblement fort de tous ces praticiens dans leurs pôles d’expression artistique respectifs. Il s’agit en réalité d’une démarche fédérative qui permettra d’accorder les violons des différents acteurs en des dynamiques fortes qui peuvent mieux porter la voix des pairs, le ministère de tutelle restant dans son rôle de régulateur. Voilà du moins les augures que nous appelons de tous nos voeux, au sortir de cette RECAN 2019.

Ces actions traduisent-elles un engagement plus important du gouvernement au bénéfice des Arts et de la Culture ?

Cela va de soi qu’une telle architecture ne saurait éclore parfaitement sans le très haut et constant éclairage de Son Excellence Paul Biya, président de la République, chef de l’Etat et l’appui inconditionnel du Premier ministre, chef du gouvernement. D’ailleurs, le fait que le président de la République, chef de l’Etat ait donné volontiers son très haut accord pour patronner la Recan, constitue à lui tout seul un indicateur saillant de sa constante sollicitude à l’endroit de tous les artistes dans leurs ramifications plurielles. Bien plus, dans son célèbre ouvrage « Pour le libéralisme communautaire », parlant des moyens et des infrastructures culturelles, l’illustre auteur demande qu’il soit redonné « confiance aux artistes camerounais en particulier et à tous les Camerounais en général, en permettant aux premiers d’exposer leurs talents dans de grandes salles de spectacle et aux seconds de visualiser chez eux les faits de culture jusqu’ici inconnus, ou qu’ils n’ont jusqu’ici partiellement visualisés que dans des salles inadaptées ou étrangères. »

Si la Recan est d’une grande importance pour les artistes, pensez- vous que le public adhère à cette dynamique ?

Le président de la République, chef de l’Etat le dit de manière constante : la culture est le ciment de l’unité ! Il précise d’ailleurs qu’il « faut se persuader qu’une politique culturelle soutenue est le soubassement de cette culture politique absolument nécessaire pour l’avènement d’une société camerounaise véritablement démocratique. » Vous voyez alors tout l’intérêt de s’appuyer sur la culture pour construire un pays de tolérance et où le vivre-ensemble harmonieux est une réalité concrète. Il faut aussi souligner l’importance de la culture dans la construction de la mémoire collective.Faut-il rappeler par exemple la place qu’occupent ce jour dans le coeur des Camerounais, des monuments tels que celui de la Réunification (au Plateau Atemengue à Yaoundé), celui des Cinquantenaires (à Buea) ou encore celui de la Nouvelle liberté (au Rond-point Deïdo à Douala) ?Donc, la Recan donnera l’opportunité à tous les Camerounais de célébrer cette diversité culturelle et linguistique qui fait que notre pays soit un modèle remarquable.

Quel message lancez-vous aux artistes pour cette circonstance ?

Je voudrais inviter les artistes à saisir l’opportunité qu’offre cette profonde réforme pour se rassembler, pour travailler en synergie et adhérer massivement à cette dynamique. C’est par notre travail et notre sens du partage, de la cohésion, de la valorisation de notre diversité culturelle, que nous devons indiquer aux Camerounais, le chemin le plus approprié pour cultiver le vivre-ensemble harmonieux nécessaire à tout développement. D’ailleurs, Son Excellence Paul Biya, président de la République, chef de l’Etat, considère la culture comme « le ciment de l’unité nationale.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category