Vins : la couleur locale a le vent en poupe

Appréciés par les connaisseurs, les vins produits avec des ingrédients du terroir gagnent en cote.

Après les jus naturels et autres boissons alcoolisés notamment du vin de palme produit localement, une autre boisson est en train de se faire une place dans les caves des Camerounais. Il s’agit du vin local, fabriqué avec des ingrédients du terroir. De plus en plus visible dans les foires et autres salons, son contenant attire aussi bien que son contenu très apprécié par les connaisseurs. On le trouve dans les trois variétés : rouge, blanc et rosé. Quelques promoteurs se sont aventurés dans ce domaine et cette entreprise porte peu à peu ses fruits. Rolande Mezitntchi Ngandjui, productrice s’est spécialisée dans la fabrication du vin blanc. Il est fait à base d’ananas et l’espèce utilisée ici, c’est la Cayenne. Avec sa robe dorée, ce cru est classé parmi les moelleux secs. « Plus ou moins aromatique et acidulé, il est issu de la fermentation de l’ananas », explique- t-elle. Excellente en apéritif, la boisson accompagne les viandes comme le soya et le klichi. De même que les plats épicés notamment le Mbongo et la sauce jaune.

Pour ce qui est de la commercialisation, la marque Tiki (précieux ou trésor en langue douala) est exposée dans des foires. Sa particularité « c’est qu’elle ne contient ni conservateurs, ni additifs, encore moins des sulfites », indique Rolande Mezitntchi. Une précaution qui plaît aux clients. A l’instar d’Adèle Mendouga, ménagère rencontrée récemment à une foire et qui parle d’un vin de haute facture : « Après l’avoir bu, on n’a pas de maux de tête comme c’est souvent le cas avec les vins de mauvaise qualité », rapporte la dame.

Une autre qui s’est lancée dans la production du vin avec les ingrédients du terroir, c’est Ngo Towada To. Elle le fait avec du plantain. Du nectar de plantain plus précisément pour trois variétés : du rouge, du blanc et du rosé. On trouve ces crus dans les boutiques made in Cameroon dans des contenants de 75 cl à 6000 F et 50 cl à 2000 F. Selon la promotrice, l’idée de fabriquer des vins est venue de l’observation des traditions africaines pour aboutir à la conclusion selon laquelle, le plantain est au coeur du quotidien des peuples d’Afrique, notamment du Cameroun. Après avoir longuement étudié les bienfaits de ce féculent, elle se décide à l’utiliser pour la fabrication des vins. « C’est un filon juteux », se réjouit-elle. Même si les clients apprécient la qualité du produit, ils se plaignent quandmême de sa cherté. Pas si cher que ça, rétorque Rolande Mezitntchi. Selon elle, les coûts de production sont élevés. « Il faut acheter les bouteilles et les faire sceller. Les capsules et bouchons de lièges ont aussi un coût puisque commandés à l’étranger. Sans oublier les analyses effectuées en laboratoire. « Lorsque que la production va augmenter, les prix vont baisser » promet la dame.

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