Ethiopie: la tension persiste

Après les affrontements à caractère ethnique ont déjà fait des dizaines de morts.   Plus de 72 heures après les incidents survenus samedi et dimanche derniers dans plusieurs localités du pays entre civils et forces de l’ordre, l’on se perd encore sur le nombre exact de personnes ayant perdu la vie. Tant le bilan change d’une source à l’autre et la guerre des chiffres fait rage. Mais, une constante se dégage tout de même : le nombre de personnes tuées est important et le bilan s’alourdit au fil des jours. Les mêmes sources parlent également d’un nombre de blessés élevé. Pour l’organisation de défense des droits de l’homme, Amnesty International, qui accuse la police d’avoir tiré à balles réelles sur les manifestants, près de 100 personnes sont mortes à l’occasion. Dans le camp de l’opposition, l’on parle d’une cinquantaine de morts. «Selon nos informations, entre 48 et 50 manifestants ont été tués dans la région Omoro. Ce bilan pourrait être beaucoup plus élevé car il y a de nombreux blessés par balle», déclare Merera Gudina, grande figure de l’opposition éthiopienne. Une source diplomatique à Addis-Abeba se veut plus nuancée et parle plutôt d’une vingtaine de morts. Des témoins rapportent que plusieurs autres manifestants ont été roués de coups et amenés sous escorte dans différents postes de police. Pour l’instant, le gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur ces événements. A l’origine, des membres des ethnies Oromo et Amhara, les plus importantes d’Ethiopie, de peur de se voir expulser de leurs terres, protestent contre le projet d’extension de la capitale, Addis-Abeba. Ils estiment également être lésés au profit des Tigréens, accusés d’occuper les postes-clés au sein de l’appareil étatique. Bravant l’interdit des autorités, ils sont sortis par centaines dans les rues pour se faire entendre. Haile Mariam Dessalegn, Premier ministre éthiopien, a pris des mesures, vendredi dernier, proscrivant ces manifestations qui, selon lui, «menacent l’unité du pays» et autorisé la force publique à faire «usage de tous les moyens nécessaires pour empêcher tout soulèvement». Pour la première fois, la contestation s’est étendue dans la capitale qui, jusqu’ici, a toujours été épargnée de ce type de soulèvement à caractère ethnique et tribal.  

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