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Carnet de route : voyage au pays de Trump

Washington DC, Little Rock et Syracuse, trois villes visitées du 18 au 28 août dernier, donnent une idée de la grandeur de la première puissance mondiale, aux prises avec les démons de la division entre les peuples et un protectionnisme économique, inspir

Dimanche, 18 août 2019. Aéroport international de Washington DC, capitale politique des Etats-Unis. Il est 13 h 40 mn, heure locale. Une équipe de dix journalistes et patrons de presse nationale, sélectionnés dans le cadre du programme américain de visiteurs internationaux (International Visitors Leadership Program, en anglais), débarque au pays de l’Oncle Sam. Pour une douzaine de jours d’échanges et de rencontres avec leurs homologues américains. Autour des préoccupations portant sur la rentabilité des médias, l’éthique en journalisme… Marie-Paule Aotis, interprète et guide de la délégation, et deux autres volontaires dépêchées par le Département d’Etat américain sont à l’accueil. Les formalités d’usage n’ont pas duré longtemps ; trois membres de la délégation recalés par la sécurité de l’aéroport pour avoir oublié leurs documents délivrés par l’ambassade des Etats-Unis, ont eu à s’expliquer.
Fort heureusement, plus de peur que de mal, pour le trio. Une dizaine de minutes après, l’équipe est au complet autour de Marie-Paule. Le bus affrété peut rallier la ville de Washington DC.

De l’aéroport à l’hôtel Hilton où nous serons logés les quatre premiers jours, l’ambiance est des plus calmes. La circulation est fluide. Ce qui tranche net avec la traditionnelle affluence que connaît Washington DC, le cœur du monde où les décisions prises impactent les sept milliards d’habitants de notre planète. « C’est un week-end calme. L’activité est au ralenti. C’est votre chance, vous devriez passer deux à trois heures, avant de sortir de l’aéroport. Et ceux d’entre vous qui n’avaient pas leurs papiers devraient rentrer au pays. On ne badine pas avec la sécurité. On est dans un pays de liberté, pas de libertinage. La loi est stricte et respectée », prévient Marie-Paule.

Les premières impressions sont fortes. Au-delà des sourires de nos hôtes, la rigueur et la discipline sont de mise. En ce premier jour, le moment est propice pour découvrir les facettes de la première puissance mondiale : ses hommes, ses institutions, son organisation, sa culture, ses croyances… Les avenues, moins encombrées, sont larges, grandes et propres. La nature dévoile ses charmes à travers le fleuve Potomac qui sépare Washnigton Dc de l’Etat de Virginie. Chemin faisant, le paysage est féerique et bien ombragé. Les édifices et bâtiments sont impressionnants par leur architecture. Ici, pas de gratte-ciel comme à New York, capitale économique. Mais tout est beau et propre. « Le plus grand bâtiment en hauteur est le capitole (l’édifice qui abrite le sénat et la chambre des représentants - NDLR), résultat d’une option délibérée des pères fondateurs des Etats-Unis », explique notre guide.


Clivage prononcé…

 Tous les symboles de la grandeur sont rassemblés dans la capitale politique des Etats-Unis qui compte moins d’un million d’habitants, près de 700 000 pour être plus précis. « Washington DC est parmi les villes les plus chères du monde, en termes de loyer, d’alimentation… », précise Gilbert Martin, un de nos interprètes durant notre séjour. Tout à coup, une brusque montée d’émotion nous envahit lorsqu’on se retrouve devant la Maison Blanche, « The White House », comme ils l’appellent. C’est elle qui résume et aide à mieux raconter l’histoire américaine. On mesure toute la portée et la symbolique d’un peuple organisé, structuré, qui a pris son destin en main, il y a trois siècles en mettant un terme à la monarchie britannique. Le Capitole qui fait face à la Maison Blanche, comme dans un duel permanent, affiche son allure altière du bâtiment le plus imposant de la capitale. Les pères fondateurs l’ont ainsi voulu pour des raisons d’équilibre de pouvoir. Et c’est bien ici que les présidents qui se sont jusque-là succédés d’Abraham Lincoln à Donald Trump (45e) ont toujours prêté serment sur la Bible. Les échanges avec nos hôtes, acteurs politiques, journalistes et opérateurs économiques rencontrés, aussi bien à Washngton qu’à Syracuse, en passant par Little Rock, la ville de l’ancien gouverneur et exprésident de la République Bill Clinton, nous ont donné l’impression qu’il existe un certain clivage entre les populations américaines depuis l’avènement de Donald Trump à la tête des Etats-Unis. Si les partisans de Trump le considèrent comme un « second dieu » (l’expression est du journal Politico) pour les résultats économiques et le protectionnisme qu’il prône ou le suprémacisme blanc qu’il ne condamne pas, les puristes et autres contempteurs trouvent qu’il est un président populiste qui fait de la navigation à vue. En ce qui concerne sa politique intérieure et extérieure. La guerre économique qu’il a engagée contre la Chine et l’Union européenne donne des résultats mitigés. Ce président arrivé aux affaires en surfant sur la fierté américaine n’en a cure. Les résultats économiques engrangés lui donnent des ailes. Et il croise les bras en attendant son adversaire qui sortirait des débats en cours au sein des démocrates. Les fondamentaux de la démocratie américaine sont toujours solides. Rien à craindre pour cette superpuissance qui a encore de beaux jours devant elle.

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