Un peuple mature

En acceptant de participer massivement au Grand dialogue national initié par le président de la République, Paul Biya, les Camerounais ont prouvé leur sens élevé des responsabilités. L’enjeu de cette grande concertation était tel qu’il fallait y prendre activement part pour apporter sa contribution à la résolution des problèmes qui engagent l’avenir de la Nation. Que ce soit en séances plénières ou lors des travaux en commissions, les participants au Grand dialogue national ont administré la preuve de leur maturité, leur patriotisme, leur savoir-être, leur savoir-faire et de leur transcendance. Sans médiation. Sans aucune ingérence extérieure, les représentants de la Nation, rassemblés dans le cadre mythique du Palais des Congrès, se sont réconciliés avec eux-mêmes. La pertinence des résolutions qui ont émergé de ce dialogue témoigne amplement de cette volonté de réconciliation et du désir renouvelé de vivre ensemble dans un espace commun et donc à l’intérieur d’un territoire unique et indivisible. Au-delà des chapelles politiques, des aléas de l’histoire et de la géographie, de la diversité culturelle, linguistique et sociologique, les participants au Grand dialogue national ont su privilégier cet héritage indéfectible qui rassemble tous les compatriotes du triangle national.

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute a décelé, à travers cette maturité, « la capacité des Camerounais et des Camerounaises à se rassembler et à s’unir pour résoudre eux-mêmes leurs problèmes aux moments les plus critiques de notre pays». Pour sa part, le sénateur Madiba Songue y a perçu « la volonté des Camerounais de bâtir, la main dans la main, un Cameroun de prospérité ».

Il ne pouvait en être autrement quand on sait qu’à cause de la crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis trois ans, la Cameroon Development Corporation (CDC), deuxième employeur après l’Etat, a été contraint de ralentir ses activités parce qu’elle se trouve au bord de l’asphyxie. Son chiffre d’affaires annuel est passé de 65 milliards avant 2016 à moins de 25 milliards de F en 2018. 12 000 employés se retrouvent ainsi en situation de chômage technique. Dans la région du Nord-Ouest, les pertes sont estimées à 500 milliards de F dans les secteurs des industries agro-alimentaires, des agro-industries locales, des télécommunications, de la filière café-cacao, des services agricoles et dans la distribution. Environ 14 434 emplois sont menacés. Tandis que 400 entreprises ont déjà mis la clé sous le paillasson. De nombreux Camerounais sont morts dans le cadre de cette crise stérile qui met non seulement en péril la sécurité et le bien-être des populations qui vivent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais a également de profondes conséquences sur l’ensemble de la communauté nationale. D’où de le devoir de revenir à de meilleurs sentiments pour ceux qui persistent dans la logique insurrectionnelle. D’où également la nécessité de saluer la maturité de l’écrasante majorité du peuple camerounais et magnifier les valeurs qui tiennent la nation à coeur, à savoir : la paix, l’unité nationale, le vivre-ensemble, la tolérance, la réconciliation, le progrès. D’autant plus que sans la paix et la stabilité, il ne peut y avoir de démocratie. Sans la paix et la stabilité, il ne peut y avoir.

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