Présidentielle en Tunisie : une affiche inédite

Pour le second tour, l’universitaire Kais Saïed et l’homme d’affaires Nabil Karoui, sorti de prison mercredi s’affrontent dimanche prochain.

Les regards seront tournés vers la Tunisie dimanche prochain avec l’organisation du second tour de l’élection présidentielle. A l’affiche, Kais Saïed et Nabil Karoui, arrivés respectivement en tête avec 18,4% et 15,6% des suffrages à l’issue du premier tour tenu le 15 septembre dernier, selon les résultats publiés par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) qui fait office de commission électorale. Pour avoir botté en touche les poids lourds du microcosme politique tunisien pourtant présentés par nombre d’observateurs comme « favoris », le passage au second tour de ces deux « outsiders » sonne comme un véritable coup de tonnerre. Ce duel en perspective relève de l’inédit dans l’histoire du pays et met aux prises deux tempéraments et deux générations diamétralement opposés.

Surnommé « Robocop » au sein de l’opinion tunisienne, en raison de sa diction monocorde et de son visage placide, Kais Saïed, âgé de 61 ans, est un universitaire indépendant qui s’est révélé au grand public à la faveur des débats télévisés à l’occasion de l’adoption de la Constitution de 2014. Sans parti politique, il est présenté comme étant entré par « effraction » dans l’arène politique. « Il était un bon client des médias. Il débarquait instantanément sur les plateaux quand les journalistes, un peu perdus dans les questions constitutionnelles, le sollicitaient », commente le politologue Larbi Chouikha.

Fondateur de la chaîne de télévision privée Nessma, Nabil Karoui, 56 ans, est sorti de prison mercredi dernier après un arrêt de la Cour de cassation. Il était incarcéré depuis le 23 août dernier pour « blanchiment et fraude fiscale ». Il reste populaire auprès des masses du fait des nombreuses opérations de charité qu’il organise régulièrement dans les régions défavorisées et les milieux jeunes. Durant son incarcération, c’est son épouse, Salwa Smaoui, qui s’était chargée d’animer la campagne de son parti, Qalb Tounes. Depuis sa libération, il tente de rattraper ce qui peut encore l’être avant la fin de la campagne présidentielle prévue ce soir à minuit.

Le choix des sept millions d’électeurs tunisiens s’annonce donc déterminant dans la désignation du successeur à Béji Caïd Essebsi, décédé le 25 juillet dernier à Tunis.

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