Affaires : Comment réussir en Afrique ?

« Deux capitaines d’industries se racontent» de Paul K. Fokam et de Gervais Koffi Djondo qui vient de paraître révèle les freins à une véritable intégration économique de l’Afrique.

Lorsque deux milliardaires mastodontes du monde des affaires se mettent à la plume, le lecteur espère forcément quelques pépites d’or entre les lignes. Et l’on en a pour son compte dans les 278 pages et 13 chapitres de l’ouvrage rédigés, chacun, par l’un ou par l’autre des auteurs. Lesquels disent tout sur leurs parcours, leurs difficultés et la vision panafricaniste qu’ils ont en partage. Le premier, Camerounais, est fondateur d’Afriland First Bank et du concept des MC². Le second, Togolais, est co-fondateur d’Ecobank et fondateur de la compagnie Asky Airlines. Paul K. Fokam et de Gervais Koffi Djondo y mettent à la disposition des jeunes entrepreneurs africains des « armes de combat » pour exister dans le champ de bataille qu’est le monde économique global. Des conseils pour leur permettre de surmonter les blocages à la fois endogènes et exogènes car ils sont d’avis qu’il n’y aura « ni réussite sans échec, ni victoire sans bataille, … la réussite appartient seulement aux esprits bien préparés ». 
Le livre est aussi surtout un réquisitoire dressé contre les Etats africains, et plus spécifiquement ceux d’Afrique francophone subsaharienne. Il dépeint sans complaisance un environnement économique qui étouffe l’initiative économique : oppressions étatiques, pression fiscale, règlements de comptes politiques, concurrence internationale déloyale, vestiges coloniaux, acculturation ou justice aux ordres expliqués, en mots simples, parfois avec des exemples. Ainsi des cloisons aux frontières alors qu’en Afrique de l’Est, l’on va d’un pays à un autre comme si on ralliait une ville ou un quartier. De même, l’Afrique est en dernière position en matière d’échanges  intra régionaux, seuls 13% affichant au compteur contre 70% entre pays de l’UE ou 55% en Asie, comme le souligne Koffi Djondo. Paul Fokam de s’émouvoir du  bradage des terres arables dont l’Afrique aura grand besoin pour sa population estimée à 2 milliards en 2050. Ajustements structurels, Accords de partenariat économiques, appels d’offres avec des termes de références favorables aux occidentaux… les conditions sont, selon les auteurs, réunies pour maintenir le continent dans une pauvreté permanente.  Ils ne manquent pas de formuler des propositions et suggèrent notamment de sortir de l’extraversion culturelle, de recadrer le rôle de l’État, de reformer la fiscalité pour en faire une nécessité non un fardeau, de juguler égoïsmes en Afrique… Des idées panafricanistes qui visent  à restaurer la dignité de l’Afrique. 
 

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