« Baba Sifon » : devoir de père

Laurent Pantaléon expose dans son dernier film les difficultés d’un couple divorcé à élever un enfant.


Loin des yeux, près du cœur. C’est la formule qui résume le mieux « Baba Sifon », le dernier film de Laurent Pantaléon. Dans le court métrage de 25 mn, le réalisateur réunionnais décrit la situation complexe dans laquelle se trouvent des parents divorcés, lorsqu’il s’agit, en tout cas, de l’éducation de leurs enfants. Au cœur du drame, se trouve Erick, un père de famille divorcé. Musicien de son état, il a obtenu la garde partagée de sa fille de 6 ans, Elisa, incarnée par Elisabeth Ferard. Chaque fois qu’elle se trouve à ses côtés, cette dernière passe beaucoup de temps à s’amuser avec sa doudoune, un « Baba Sifon ». Un jour, après le passage de son ex-femme, Erick constate que sa fille a oublié sa doudoune et se met en tête de la lui apporter. Il annule un concert et prend la route. Une fois à destination après plusieurs difficultés, il constate avec déception que sa fille n’avait pas spécialement besoin de ce sacrifice. Là où elle vit de l’autre côté de l’île de la Réunion, Elisa ne manque de rien. En plus du confort, son beau-père a mis à sa disposition des dizaines de peluches.
Pour être émouvant, le court métrage « Baba Sifon » l’est effectivement. Le spectateur se met volontiers à la place du personnage principal et ressent sa peine. A pied, à vélo ou en autostop, Erick n’a en effet lésiné sur aucun moyen pour s’acquitter de son devoir de père. Mais, il n’a même pas eu la satisfaction de voir le visage de sa fille s’éclairer lorsque finalement, elle découvre sa doudoune au pied de l’escalier en sortant de sa chambre. C’est pourtant dans le sourire d’Elisa en toute fin de film que réside l’un des succès de ce drame. Surtout que la jeune actrice, Elisabeth Ferard, également douée pour la chanson, va aussi donner de sa voix. En s’amusant avec ses peluches, elle offre aux cinéphiles un récital de mélodies propres à susciter à la fois de l’admiration pour elle-même et de l’empathie pour son dévoué père. L’une des chansons qu’elle fredonne servira d’ailleurs de générique de fin, de façon à prolonger cette sensation et à garder le spectateur dans cet état émotionnel jusqu’au bout.
Produit par Daisy Day Films, « Baba Sifon » a été diffusé lors de la 23e édition des « Ecrans noirs », en créole réunionnais, avec un sous-titrage en français et en anglais.
 

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