Développement urbain : Bafoussam fait sa mue

Depuis quelques semaines, des déguerpissements sont effectués pour libérer les emprises dans le cadre des préparatifs du CHAN 2020 et de la CAN 2021.

Le mouvement est incessant. La pelle chargeuse de la Communauté urbaine de Bafoussam réduit en amas de ferraille, béton et tôles, des bâtiments construits pour la plupart en matériaux provisoires et érigés à quelques mètres de la chaussée. Nous sommes au quartier Tamdja, arrondissement de Bafoussam Ier. L’opération d’embellissement de la ville démarrée depuis plus de trois semaines déjà se poursuit. Le célèbre café qui accueillait tous les matins un nombre important de citoyens de la ville autour d’un copieux petit-déjeuner a été détruit. La devanture d’une boulangerie, située non loin d’une station-service, qui s’était un peu allongée vers la chaussée est également détruite. Plus loin, c’est une quincaillerie où certains matériaux avaient occupé une bonne partie du trottoir qui voit ses fers à béton repoussés loin de la route. Des cyber-cafés, des papeteries et autres « tournedos » également installés tout près de la chaussée, connaissent le même sort.

La pelle chargeuse est sans pitié pour ces commerces, sous l’oeil vigilant des forces de maintien de l’ordre et des agents de la CUB. Cette opération fait suite à la décision préfectorale signée le 23 septembre dernier et portant interdiction et fermeture des laveries, garages de réparation et autres structures non aménagées conformément aux normes requises, encombrant et salissant, situées sur les emprises de la voie publique, dans le département de la Mifi. Après une courte phase de sensibilisation, la préfecture de la Mifi a enclenché la phase répressive. Une action qui provoque des grincements de dents chez les victimes.

Un quincailler, lui, dit comprendre l’objectif d’embellissement recherché, mais ne sait pas comment il fera pour gagner son pain quotidien, son commerce ayant été détruit. Pour le préfet Chaïbou, il est question de libérer les emprises en vue de la Coupe d’Afrique des Nations. De plus, les propriétaires des bâtisses non détruites doivent y passer un coup de pinceau. « Cela participe toujours de l’embellissement de la ville », avance le préfet qui précise en outre que cette opération démarrée depuis bientôt un mois dans les trois arrondissements du département va se poursuivre jusqu’à ce que Bafoussam soit « propre ». Pour ce qui est des distances des édifices avec la chaussée, c’est la CUB qui gère la ville et organise l’alignement en fonction de ses Plans directeur d’urbanisme et d’occupation des sols.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category