G5 Sahel : stratégie à revoir

Tel était l’enjeu du sixième conseil des ministres de cette institution, mardi dernier à Ouagadougou.

Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des pays du G5 Sahel étaient réunis mardi, 5 novembre 2019 à Ouagadougou, dans un contexte sécuritaire particulièrement précaire. Le Burkina Faso et le Mali, deux Etats membres, ont récemment subi des assauts terroristes violents. Le 1er novembre dernier en effet, près de la frontière avec le Niger, une attaque terroriste avait fait 49 morts. L’agression avait été revendiquée par le groupe Etat islamique. Deux semaines avant, Boulkessy, une ville du centre du Mali avait été frappée, laissant sur le carreau une quarantaine de vies humaines. C’est pour prévenir d’autres assauts et ajuster les stratégies que ce conseil de ministres s’est tenu neuf mois après le précédent à Niamey.

Le conseil a suggéré une structuration du secrétariat permanent afin de l’adapter aux défis sécuritaires. Dans les semaines à venir, un redéploiement des bataillons va s’effectuer afin de rendre plus performante la force conjointe. En attendant, les pays membres comptent multiplier les rencontres pour la recherche de nouveaux partenaires.

Selon Maman Sambo Sidikou, secrétaire permanent du G5 Sahel, un sommet est prévu en Arabie saoudite pour approfondir le contact avec le monde arabe. En réalité, les pays du G5 Sahel souhaitent traiter directement avec le monde arabe, sans intermédiaire. Quant à la participation de la Russie, les discussions sont toujours en cours.

Sur le plan militaire, il est proposé une mise en commun des forces aériennes de tous les pays. Un redéploiement du bataillon tchadien est en étude. Il viendrait renforcer le Fuseau centre, c’est-à-dire la zone des trois frontières, Mali, Niger et Burkina. Cette proposition est acceptée par le Conseil. Il ne reste que sa validation par les chefs d’Etat. Né de la volonté de cinq pays subsahariens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), le G5 Sahel a été créé en 2014 pour relever les défis de la sécurité et du développement des pays membres. La présidence de cette institution est tournante pour une période d’une année. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré passera le témoin à son homologue de la Mauritanie en février 2020.

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