Passé allemand en Afrique : Yaoundé, conservatoire de la mémoire

Le ministre des Arts et de la Culture a procédé samedi au lancement des activités de la semaine culturelle qui court du 9 au 16 novembre prochains à Yaoundé.

C’est parti pour une semaine de flashback sur la présence coloniale allemande en Afrique. Le ministre des Arts et de la Culture (Minac), Bidoung Mkpatt, a donné le ton samedi au Musée national de Yaoundé. C’était au cours d’une cérémonie riche en couleurs et fort courue, par une bonne brochette de personnalités, notamment, dont l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, Hans-Dieter Stell et le directeur de l’Institut Goethe, Fabian Mühlthaler, promoteur de la semaine culturelle allemande baptisée « Le fardeau de la mémoire : considérer l’histoire coloniale allemande en Afrique ». A l’occasion, le Minac a tenu à préciser que cet événement pourrait à plus d’un titre apporter des enseignements aux six pays africains (Burundi, Cameroun, Namibie, Rwanda, Tanzanie et Togo) concernés par cette période de domination coloniale allemande. « Des enseignements qui présentent deux volontés qui hier se sont opposées par la parole et par les armes dans l’espace colonial allemand, avec pour corolaire des souffrances que le poids de l’histoire fait perdurer », a souligné le Minac. 
L’art et la culture étant reconnus pour leurs vertus conciliatrices et thérapeutiques, toutes les disciplines artistiques et culturelles vont être explorés (théâtre, performance de rue, littérature, danse, arts visuels, cinéma, etc.) à ce grand rendez-vous qui réunira une centaine d’artistes et d’acteurs culturels issus de six pays africains et d’Allemagne. Plusieurs espaces de rencontres, de dialogue et de réinterprétation ont été retenus pour l’association, dont la salle Sita Bella pour les projections de films et la galerie d’art contemporain pour des expositions. L’Institut Goethe et le Centre culturel camerounais sont retenus pour les performances. 
« Les sujets qui vont être abordés portent sur des éléments qui peuvent nous permettre de nous réparer. Nous sommes tous abimés parce que nos aïeux ont perdu la vie dans des circonstances terribles et sans le savoir, nous portons le deuil. Nous portons le fardeau. Il faut se libérer de ce fardeau », a confié Princesse Marilyn Douala Manga Bell, l’une des curatrices internationales de l’événement. Occasion donc pour chacun des 100 artistes conviés, de partager sa sensibilité par rapport à l’histoire. « Surtout de la manière dont ils pensent qu’on peut en sortir. 
Ils vont présenter 34 productions artistiques consistant à faire pénétrer ces thématiques du fardeau, de la mémoire, du deuil, de la résistance, de la réclamation et de la réinvention », a ajouté la curatrice internationale. Une façon aussi pour l’Allemagne d’affronter son histoire. Place dès ce jour à 11h à la « Villa de la mode » à un dialogue sur l’histoire coloniale allemande, suivi d’une projection du film « Colonial Misunderstanding » du Camerounais Jean-Marie Teno, entre autres. La semaine culture s’achève le 16 novembre prochain.
 

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