Axe Yaoundé/Nsimalen, carrefour Nkoabang : les riverains rappelés à l’ordre

Le préfet de la Mefou-et-Afamba somme les occupants illégaux de la voie publique, de la libérer.


Le carrefour Nkoabang à Yaoundé est reconnu comme un générateur de stress d’une rare intensité pour le plus calme des automobilistes. Les embouteillages causés par les conducteurs de taxis, de motos-taxis, de grumiers et les responsables d’espaces commerciaux ou vendeurs à la sauvette, mettent à rude épreuve les nerfs, mais aussi les vies humaines. Au fil des années, le carrefour et les routes sont assaillis par les activités de toutes sortes, laissant peu d’espace pour la circulation routière. Cette situation a amené le préfet de la Mefou-et-Afamba, Emmanuel Mariel Djikdent, à signer deux communiqués le 6 novembre. Le premier invite les commerçants à libérer la voie publique à ce carrefour. Le second concerne l’axe Yaoundé-Nsimalen. Les riverains y sont invités à respecter l’emprise publique.
Rencontrés lundi dernier au carrefour Nkoabang, les commerçants l’ont reconnu : ils agissent dans l’illégalité. « Nous avons reçu la sommation de partir d’ici depuis près de six mois. Je suis encore là parce qu’il est difficile de trouver un autre emplacement », confesse Mathilde H., propriétaire d’un magasin d’électronique en plein carrefour. Près de là, une quincaillerie installe allègrement du fer, des machettes et autres sacs de ciment à l’extérieur. « Nous savons que ce sera dégagé ici. Mais, l’intérieur de la boutique n’est pas touché », se satisfait Ernest derrière son comptoir. Aux visages multiples, l’activité commerciale est en effet intensément développée à cet endroit. La pâtisserie y prospère en plein air, autant que le commerce de fruits dans des brouettes. « Nous sommes ambulants et pouvons partir à tout moment. Mais jusqu’ici, on continue à payer le droit de place », se plaint Chantal Magne, en brandissant une dizaine de tickets payés pour cette place illégale.
A en croire Jean-François Ondigui Owona, maire de la commune de Nkolafamba dont dépend Nkoabang, les limites de la voie publique sont clairement déterminées et connues par ces occupants. « Nous avons déjà mené plusieurs campagnes de sensibilisation et de déguerpissement de ces populations avec l’appui des forces de maintien de l’ordre. Mais quand nous tournons le dos, elles reviennent », se désole-t-il. Pour remédier aux engorgements causés par les grumiers, les camions, les porte-conteneurs et autres cars de transport et véhicules personnels, une dizaine d’agents communaux y travaillent. Depuis son kiosque à cinq mètres du carrefour, Damien Souga Amougou, chef d’unité circulation de la commune de Nkolafamba coordonne ce travail.
Du côté de Nsimalen, la préoccupation va plus loin. Elle concerne non seulement les commerçants qui empiètent sur la voie publique, mais surtout les personnes installées sur la partie relevant du domaine public. Ce qui entraîne des conséquences sur l’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé. Cette zone dépend de la commune de Mfou. Roger Endougou, 1er adjoint au maire, explique que le contentieux est profond. En effet, le directeur régional de Camwater a adressé une correspondance au maire en août dernier, l’appelant à faire son possible pour faire libérer l’emprise publique. Traduction, les zones où sont aménagés les tuyaux de distribution d’eau sont menacées par les nombreuses bâtisses qui y fleurissent. L’autorité municipale attend de recevoir le communiqué du préfet pour servir des sommations aux riverains à qui elle a du mal à faire entendre raison.
 

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