Assises de la presse francophone : la déontologie d'abord

Jeudi, 21 novembre 2019 à Yaoundé, cette rencontre internationale qui a rassemblé plus de 400 participants a pris fin avec comme mot d’ordre, le respect de l’éthique journalistique.

Trois jours intenses autour de l’émotion et de la pratique du journalisme. Les 48e Assises internationales de l’Union de la presse francophone (UPF) se sont achevées hier à Yaoundé, avec en résumé, une invitation au respect de l’éthique et de la déontologie journalistique. A la faveur d’ateliers et de tables-rondes, les plus de 400 participants venus de divers pays à travers le monde, ont discuté, échangé et partagé leurs avis francs et constructifs autour du thème général : « Journalisme d’émotion, journalisme d’information ? ». La cérémonie de clôture présidée par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a permis d’établir de nombreux points de conclusion. Comme la majorité des panelistes qui se sont succédé au pupitre, Madiambal Diagne, président international de l’UPF et Aimé-Robert Bihina, président de l’UPF-Cameroun, ont reconnu qu’il est difficile de faire abstraction « totalement » de l’émotion, celle-ci étant inhérente à l’être humain. Que faire dans ce cas ? « Ne pas tomber dans la dérive émotionnelle, le sensationnel», répond le Français Pierre Ganz, vice-président de l’Observatoire de la déontologie de l’information.

En somme, le journaliste doit éviter de manipuler le public, car l’émotion peut vite devenir un outil de propagande. « La déontologie permet au public d’avoir confiance en nous, sinon il se retournera vers des marchands de l’information. L’abandonner, c’est abandonner le journalisme, la démocratie », ajoute Pierre Ganz. Un réflexe que ces spécialistes des médias souhaitent qu’on inculque aux jeunes journalistes dès l’école de formation. « Ils doivent être préparés à l’émotion, pour ne pas avoir peur d’expliquer les événements complexes », reprend Anthony Bellanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes. Tidiane Dioh, représentant de la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie a quant à lui sollicité la responsabilité sociale des journalistes, mais aussi « une régulation émotionnelle et une adaptation informative ». Ce qui signifie s’imprégner de la déontologie qui prévoit des garde-fous à l’émotion, tout en faisant une introspection permanente. Les hommes et femmes des médias devraient apprendre à maîtriser leur émoi personnel, mais avoir de l’empathie pour comprendre les autres. Exaltantes pour la majorité des contributeurs, les recommandations de la rencontre de Yaoundé, ouverte le 18 novembre dernier, ont posé les bases des 49e assises en Tunisie, en décembre 2020

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