Economie

« Seulement 6% d’éleveurs la pratiquent »

Ibrahim Mahmoudou, éleveur et président de la coopérative le Berger de Nkonteng.

Qu’est-ce qui vous a motivé à pratiquer l’insémination artificielle des vaches laitières ?
Mon père avait un grand pâturage et je le voyais élever les bovins. Ne recevant aucun appui technique ni financier, c’était pénible. Lorsque je me suis lancé dans ce domaine, et j’ai remarqué que l’élevage rapporte énormément si on respecte les normes. J’ai été à la Société de développement et d’exploitation des productions animales (Sodepa) où j’ai vu comment les gens mettaient en œuvre cette technique ; j’ai pu apprécier le poids et la qualité des bêtes. Entretemps, je me suis cultivé sur comment les autres pays faisaient pour développer leur élevage. J’ai fait importer les semences et fait appel aux experts en insémination artificielle sur place. Bien après, je me suis également formé auprès de ces gens. Aujourd’hui, je pratique moi-même cette technique sur mes vaches et j’ai de bons résultats.
Comment ça marche ?
Pour pratiquer cette technique, les responsables devraient eux-mêmes avoir une idée de cette pratique. Savoir à quel moment par exemple ces bêtes sont en chaleur pour pouvoir proceder à l’opération. Si elles ne le sont pas, nous provoquons cette chaleur en leur injectant un protocole. Après une semaine, elles sont en chaleur et l’on peut alors inséminer jusqu’à 200 vaches de race Goudali. Ce sont les meilleures races qu’on a Cameroun et on les trouve dans l’Adamaoua. Elles doivent avoir le même âge et la même prophylaxie.
Quel est l’apport du Minepia dans cette activité? 
Le Minepia nous apporte son appui à travers le Prodel. Le projet nous a aidés à faire des croisements d’une bonne partie de notre cheptel et nous allons bientôt recevoir des financements. Malheureusement, cette méthode reste encore très méconnue des éleveurs au Cameroun, car seulement 6% la pratiquent. Beaucoup restent campés sur l’élevage traditionnelle qui, pourtant, ne produit pas grand-chose et ne se développe pas. Le Minepia devrait accélérer la sensibilisation des producteurs afin qu’ils comprennent et intègre cette méthode plus bénéfique pour eux. C’est par cette méthode que le Rwanda a développé son élevage 
 

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