« Le déploiement immédiat de Magil donne espoir »

Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports et de l’Education physique.

 

Monsieur le Ministre, vous avez récemment procédé à la résiliation du contrat de Piccini qui était en charge du chantier du complexe sportif d’Olembe, à un an de la CAN 2021. Qu’est ce qui justifie cette décision ?

L’entreprise Piccini a été attributaire en 2015 des travaux de construction du complexe sportif d’Olembe. Jusqu’en novembre 2018, date du glissement de la CAN que notre pays devait organiser et qui nous a été attribuée à nouveau pour 2021, les travaux ont connu un rythme appréciable. Depuis ce glissement, nous avons constaté une décélération, puis un arrêt suivi d’un abandon total des travaux dans ce chantier. Face à cette situation inquiétante, en déphasage avec les très hautes instructions du chef de l’Etat qui demandaient à toutes les parties prenantes de se mobiliser, malgré le glissement de la date de la CAN, pour l’achèvement de l’ensemble des travaux à bonne date, nous avons servi deux mises en demeure à l’entreprise, respectivement en juin et en octobre 2019, lui demandant de redémarrer les travaux. En ce qui concerne la dernière mise en demeure, celle d’octobre, la date limite pour la reprise était fixée au 14 octobre 2019. Le 15 octobre, nous nous sommes rendus sur le site du complexe sportif d’Olembe où nous avons constaté que la reprise des travaux était effective, quoique timide. Nous avons demandé aux responsables de Piccini d’accélérer le rythme et avons pris l’engagement de descendre sur ce site de manière hebdomadaire. Lors de la descente suivante, nos instructions sont restées sans suite. 

Je voudrais rappeler que les inspecteurs de la CAF sont descendus plusieurs fois sur ce site et sur tous les autres sites concernés par les travaux. Le constat fait était que sur l’ensemble des sites concernés par la CAN, les différents terrains, aussi bien pour la compétition que pour les entraînements étaient déjà pourvus en gazon, en dehors du stade d’Olembe. Je tiens également à rappeler qu’initialement, dans le cadre de l’organisation du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), Yaoundé aurait pu abriter deux poules si les travaux du complexe d’Olembe étaient achevés. A l’issue de leur mission d’inspection de septembre 2019 au Cameroun et au vu des difficultés observées sur le site d’Olembe, les inspecteurs de la CAF ont proposé que la ville de Douala puisse abriter deux poules, avec la fin des travaux du stade de Japoma. Donc, au regard de graves défaillances de l’entreprise et de la violation de dispositions réglementaires et contractuelles, j’ai été amené, en ma qualité de maître d’ouvrage, sur très hautes instructions de la hiérarchie, à prendre, le 29 novembre 2019, la décision de résiliation du contrat de Piccini.

Le groupe Piccini justifie l’arrêt des travaux par des engagements financiers non respectés de la part du Cameroun. Qu’en est-il exactement ?

Il n’en est rien. Je voudrais vous rappeler que le gouvernement a consenti de nombreux efforts en vue de l’heureux aboutissement du projet, à travers un accompagnement permanent des activités. Entre autres actions, je pourrais citer sur le plan financier, l’accord d’une avance exceptionnelle de 6 milliards de francs d’une part ainsi que le cautionnement bancaire de 4 milliards de francs CFA pour permettre l’accélération des travaux. Ce sont des actions exceptionnelles qui avaient pour objectifs de contribuer à l’accélération des travaux et qu’il convient d’apprécier à leur juste valeur.

Quelles disposions ont été prises par le gouvernement pour faire face à un éventuel procès ?

Dans ce genre de projet, les dispositions contractuelles prévoient comment seront réglés les litiges entre les parties. Cependant, je voudrais relever ici pour s’en féliciter, le haut sens de collaboration des responsables du groupe Piccini qui ont accepté d’apporter leur contribution pour le règlement à l’amiable du problème. En effet, les 5 et 6 décembre 2019, toutes les parties prenantes se sont retrouvées sur le site du chantier afin d’évaluer l’état réel des travaux, sous la présidence du gouverneur de la région du Centre, président du Comité de site de Yaoundé. Cette opération s’est soldée le 6 décembre 2019 par l’élaboration d’un procès-verbal qui a été signé par toutes les parties prenantes lors de la réunion que j’ai présidée à Olembe. Cette opération met fin au contrat entre l’Etat du Cameroun et l’entreprise Piccini et permet à Magil de commencer effectivement les travaux sur le terrain.

L’entreprise Magil a été choisie pour l’achèvement en urgence des travaux. Quelles garanties vous ont été présentées sur le respect scrupuleux des délais. 

Au moment où il est mis fin au contrat de Piccini et compte tenu des délais contraignants pour l’achèvement des travaux du chantier d’Olembe, il était nécessaire de choisir une entreprise qui a déjà fait ses preuves dans le domaine. Magil a été retenue au vu de ses états de service. Au Cameroun, cette entreprise a eu à réhabiliter dans des délais brefs, le stade de la Réunification à Bepanda et construit son annexe. Les travaux de ces infrastructures modernes et futuristes sont pratiquement achevés aujourd’hui. C’est la même entreprise qui effectue les travaux de la pénétrante Est de la ville de Douala à partir du Pont sur la Dibamba, après l’échec d’une précédente entreprise. Ces travaux évoluent de manière harmonieuse. Au vu de ses états de service et au regard des engagements pris, nous pensons que Magil réussira à tenir ses engagements. Son déploiement immédiat donne espoir. En effet, depuis hier, on assiste à l’arrivée à Yaoundé de 31 camions portant le matériel de l’entreprise, ce qui va permettre le démarrage effectif et rapide des travaux.

Compte tenu de quelques retards observés sur certains chantiers et au regard du nouveau calendrier contraignant de la CAF, pouvez-vous rassurer aux Camerounais que le pays sera prêt à temps ?

Dans le cadre de l’organisation de la CAN 2021, cinq sites sont pressentis. A savoir, Yaoundé, Douala, Garoua, Bafoussam et Buéa-Limbe. En dehors du stade d’Olembe, les stades de compétition des autres sites sont fonctionnels, avec des infrastructures qui suscitent l’admiration. Je pense par exemple au complexe de Japoma qui est présenté aujourd’hui comme l’un des plus beaux stades d’Afrique et même du monde. Roumde Adjia à Garoua et son annexe sont des chefs-d’œuvre. Le stade de Mfandena à Yaoundé et celui de Limbe ont abrité la CAN féminine en 2016. Celui de Bafoussam abrite depuis des années des rencontres de football. Les stades d’entraînement sur la plupart des sites existent. Le Gouvernement s’active dans d’autres domaines concernés par la CAN, qu’il s’agisse des infrastructures routières, hôtelières, hospitalières, des TIC et j’en passe. Il est nécessaire que le rythme actuel soit maintenu voire accéléré. Le président de la République, son Excellence Paul Biya, donne régulièrement de très hautes instructions fermes afin que le Cameroun prépare et organise avec succès les événements sportifs attendus. Tout est mis en œuvre par les différentes parties prenantes, sous la coordination du premier Ministre, chef du Gouvernement, président du COMIP-CAN, afin que cet objectif soit atteint. Il faut donc que les populations non seulement soient rassurées quant à la détermination du gouvernement à offrir de belles fêtes sportives à la jeunesse africaine, mais également apportent leur adhésion en vue de la réussite de ces projets. C’est pour cela que dans le cadre des préparatifs du CHAN 2020 en cours, j’invite les populations à prendre part à la grande soirée de dévoilement des visuels de cette compétition, à savoir l’hymne et la mascotte qui aura lieu le 14 décembre 2019 au Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé et pour laquelle de nombreux artistes de renom prendront part. L’entrée à ce grand spectacle culturel et sportif est gratuite. Les invitations peuvent être retirées tous les jours au ministère des Sports et de l’Education physique.

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