Prix Nobel de la Paix : Abiy Ahmed remercie l’Erythrée

Lors de la remise de sa distinction mardi, 10 décembre 2019 à Oslo en Norvège, le Premier ministre éthiopien a rendu hommage à ce pays voisin pour le rôle joué dans la résolution pacifique du différend frontalier.

En recevant hier à l’Hôtel de ville d’Oslo en Norvège le prix Nobel de la paix 2019, Abiy Ahmed a tenu sincèrement à témoigner sa reconnaissance envers l’Erythrée et son président, Issaias Afeworki, pour le rôle joué en faveur de la décrispation des relations diplomatiques entre les deux pays voisins. « J'accepte cette récompense au nom des Éthiopiens et des Érythréens, en particulier ceux qui ont fait le sacrifice ultime pour la cause de la paix (…) J'accepte cette récompense au nom de mon partenaire et camarade de paix, le président (érythréen) Issaias Afeworki, dont la bonne volonté, la confiance et l'engagement ont été déterminants pour mettre fin à deux décennies d'impasse entre nos pays », a souligné le Premier ministre éthiopien. Mardi, 10 décembre 2019 lors de sa prise de parole, cet ancien soldat qui a officié à Badmé, localité située à la frontière entre l’Ethiopie et l’Erythrée, s’est appuyé sur son passé au cours duquel il a perdu plusieurs frères d’armes pour comprendre, une fois devenu Premier ministre, la place de la paix dans la vie d’une nation. D’où la main tendue à l’Erythrée au lendemain de son investiture le 2 avril 2018.

Pour lui, a-t-il souligné, les deux voisins ne sont pas des ennemis. Il a à l’occasion décliné sa vision de l’avenir de cette région du continent. « Nous sommes deux pays victimes d’un ennemi commun : la pauvreté. Nous ne voulons pas que la Corne de l’Afrique devienne le terrain d’affrontement des superpuissances, ni un refuge pour les marchands de terreur et ceux qui font commerce du désespoir et de la misère. Nous voulons que la Corne de l’Afrique devienne une corne d’abondance pour le reste de l’Afrique », a souhaité Abiy Ahmed. Après avoir rappelé à l’assistance que son pays avait déjà libéré tous les prisonniers politiques, il a réaffirmé qu’il ne comptait non plus voir incarcérer les journalistes. Cependant, il a tout de même tenu à dénoncer ceux qu’il a qualifiés d’« évangélistes de la haine et de la division ». Selon lui, ces derniers usent abusivement des réseaux sociaux pour prêcher leur « évangile de la revanche ». Allusion à peine voilée faite à Jawar Mohammed, opposant et leader oromo accusé d'être l’instigateur des manifestations sanglantes d'octobre dernier.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category