Présidentielle en Algérie : scrutin agité

Le premier tour de cette élection organisée hier a été marqué par de nombreux incidents venus perturber le bon déroulement des opérations.

Le premier tour de l’élection présidentielle en Algérie organisée hier n’a pas été une journée calme. Plusieurs incidents ont émaillé ce scrutin destiné à doter ce pays d’un nouveau président, après la démission d’Abdelaziz Bouteflika le 2 avril dernier. A Alger la capitale, de nombreuses sources ont annoncé le pillage de plusieurs bureaux de vote par des manifestants en colère. Des images abondamment relayées sur les réseaux sociaux montrent des urnes et des bulletins de vote vandalisés. En Kabylie dans le nord, région généralement frondeuse et hostile au pouvoir central, deux centres de vote ont également fait l’objet d’actes de vandalisme dans la grande ville de Bejaïa. Alors qu’un troisième était toujours assiégé par des opposants au scrutin présidentiel hier en début de soirée. À Tizi Ouzou, cité de cette région berbérophone, toutes les opérations de vote ont tout simplement été interrompues. Dans plusieurs autres villes, le mot d’ordre était suivi. 
Toutefois, le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi a minimisé ces incidents en rassurant l’opinion d’un « taux de participation respectable » (sans communiquer de chiffre). Il a ainsi indiqué que 90 % des quelque 61 000 bureaux de vote du pays ont ouvert hier dès les premières heures de la matinée et a reconnu que près de 6% d’entre eux ont été la cible des perturbations. Un important dispositif sécuritaire était visible dans tous les coins de la capitale où des dizaines d’interpellations ont été signalées. 
Plus de 24 millions d’électeurs étaient attendus aux urnes afin de choisir le futur dirigeant du pays parmi les cinq candidats en lice. Les deux anciens Premiers ministres, Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, les anciens ministres Abdelkader Bengrina et Azzedine Mihoubi, et Abdelaziz Balaïd, président du Front El-Moustakbel, qui dans ce climat de tension n’ont pas pu battre convenablement campagne, sont à la conquête du prestigieux fauteuil. Ces manifestants qui investissent les rues algériennes depuis février dernier considèrent les cinq candidats comme étant des purs produits du système en place. 
 

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