Algérie : Abdelmadjid Tebboune, président

Le candidat indépendant est sorti vainqueur de l’élection du 12 décembre dernier avec 58,14% des suffrages.

Abdelmadjid Tebboune est sorti vainqueur dès le premier tour de la présidentielle du 12 décembre dernier avec 58,14% des suffrages. Soit près de 5 millions de voix sur les 24 millions d’électeurs inscrits, selon les résultats provisoires publiés vendredi dernier par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). En attendant leur confirmation par le Conseil constitutionnel, ces résultats font déjà l’objet d’une vive contestation de la rue. Surtout que cet ancien Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika a été élu au cours d’un scrutin sérieusement perturbé.

Le séjour d’Abdelmadjid Tebboune, 73 ans, au palais d’El Mouradia ne sera donc pas de tout repos. Homme d’Etat rompu à la tâche, il devra user de beaucoup de tact et de diplomatie pour pouvoir gouverner dans un contexte sociopolitique et économique tendu. Bien qu’élu dès le premier tour, le nouveau président ne doit pas perdre de vue que lors de l’élection, il y a eu un fort taux d’abstention évalué à 60%, une première dans le pays depuis son ouverture démocratique en 1989. Il devra donc s’investir, comme il a commencé depuis sa proclamation comme vainqueur, à calmer la rue et chercher à ouvrir le dialogue avec l’opposition. Bien que n’ayant pas été soutenu par un appareil politique, le président élu a intérêt à instaurer un consensus avec toutes les tendances de la classe politique algérienne dans l’espoir d’apaiser les tensions en cours.

Mais, le chantier le plus délicat qui se dresse sur le chemin d’Abdelmadjid Tebboune est sans doute sa capacité à maîtriser l’influence de l’armée devenue très opérante dans le système politique. En tout cas, les premiers actes d’Abdelmadjid Tebboune comme président de la République seront déterminants.

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