Abus sexuels : le secret pontifical levé

Le pape François autorise désormais les victimes à suivre les procédures disciplinaires en cours et admet dorénavant une collaboration en la matière entre diocèses et justice de chaque pays.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe au sein de l’Eglise catholique romaine. Par une décision rendue publique mardi, jour de son 83e anniversaire, le pape François a aboli le secret pontifical qui empêchait les victimes d’abus sexuels de la part de certains dignitaires catholiques de suivre les procédures disciplinaires en cours ou d’être informées de la sentence rendue contre les coupables. «Aucune obligation de silence ne peut être imposée», souligne-t-il. Cette décision du Saint-Siège amène dorénavant les diocèses qui, par le passé se cachaient derrière le secret, à mieux collaborer avec la justice civile. Ainsi, la justice de chaque pays pourra, le cas échéant, accéder aux archives et documents de l'Église sur la question. En clair, par cette réforme le Vatican reconnaît aux autorités civiles chargées des enquêtes le droit d’exiger des diocèses la communication des dossiers et archives de prêtres accusés, sans que la transmission desdites pièces ne fasse l’objet d’une opposition de la part de l’église.

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A en croire Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour les Textes législatifs, les personnes visées par cette décision sont les «autorités ecclésiastiques » qui tendraient encore «à maintenir sous silence ou à couvrir » des «abus sexuels accomplis sur des mineurs par des clercs ou des consacrés» en s’appuyant sur le secret pontifical. L’on se souvient par exemple qu’en 2018 au Chili, les dignitaires catholiques, invoquant le secret pontifical, ont refusé de donner à la justice les témoignages rassemblés par Mgr Charles Scicluna, envoyé spécial du pape chargé d’enquêter sur l’affaire Mgr Juan Barros, évêque d’Osomo, accusé d’avoir couvert des abus perpétrés par Fernando Karadima, prêtre chilien. Au Chili et à travers la planète, la décision papale a été chaleureusement accueillie. «C'est une victoire pour les milliers de victimes à travers le monde qui ont protesté auprès de l'Église», s’est réjoui José Andrés Murillo, une victime. «C’est un signe d’ouverture, de disponibilité, de transparence, de collaboration avec les autorités civiles. Le bien des enfants et des jeunes doit toujours passer avant tout secret, même pontifical», commente Andrea Tornielli, directeur éditorial des médias du Vatican

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