« Le Grand dialogue était une décision juste du chef de l’État »

David Abouem à Tchoyi, ancien ministre, membre de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme.

 

L’un des grands moments de la vie de nation au cours de l'année 2019 reste incontestablement la tenue du Grand dialogue national. Avez-vous été convaincu par la justesse de cette décision du chef de l'Etat?

Parfaitement. Vous savez, le dialogue est toujours le meilleur mécanisme de résolution des conflits. Je sais qu’il y a des personnes qui auraient voulu qu’on le préparât pendant plus longtemps afin d’associer encore davantage de personnes. Il est vrai qu’en faisant participer des compatriotes de tous les horizons, nous aurions sans doute obtenu des résultats encore plus éclatants. Mais je reste convaincu que la décision du chef de l’État était à la fois juste et pertinente à ce moment là.

S'en sont suivies, d'importantes mesures prises par le président de la République dont l’arrêt des poursuites à l’égard de certaines personnes dans le cadre de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et des contestations post-électorales. Avez-vous perçu une réelle volonté de décrispation?

Comme vous le savez, le chef de l’État est officiellement reconnu comme le «Père de la Nation». Et quand on est père, on ne peut pas s’attendre à ce que tous les enfants se comportent en tout temps de manière identique. La compréhension, la patience, la magnianimité,  le pardon... sont donc des qualités inhérentes à  la fonction de père. Selon la lecture qu’il fait de la situation, il peut alternativement manier la carrotte et la bâton. Je peux donc affirmer qu’il y a eu de la part du Président de la République une réelle volonté de décrispation. Je souhaite vivement que cet élan ne se limite pas à  ce qui a déjà été fait. Nous savons tous que le  souci premier du Père de la Nation est que tous les Camerounais vivent en harmonie et dans la concorde . C’est à ce prix qu’ils pourront efficacement  relever les défis qui s’amoncellent devant leur peuple.

Il y a également eu la loi portant Code général des Collectivités territoriales décentralisées, avec notamment l'octroi du statut spécial aux régions du NO/SO. Vous qui avez mené plusieurs réflexions sur la question, avez-vous été satisfait?

Comme tout le monde le sait, les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se sont toujours plaintes de ce que certains ont considéré comme des tentatives de mépriser, sinon d’effacer ce qu’elles ont hérité de leur trajectoire historique. Il est inutile de rappeler qu’elles ont eu un héritage politique, institutionnel, administratif, managérial… en plusieurs points différent de celui de leurs compatriotes de la partie francophone. Il se trouve même que certaines valeurs inhérentes à cet héritage devraient enrichir le système Camerounais, que nous devons mettre en place à partir de nos valeurs traditionelles et de tout ce que nous avons hérité des puissances occidentales qui ont administré notre pays.

Je dois rappeler ici que l’institution de l’État unitaire et surtout les mécanismes de fonctionnement du parti unique (UNC) ont entraîné la perte d’une grande partie du pouvoir local dans l’ancien Cameroun Oriental, mais surtout dans l’ancien Cameroun Occidental, où le «Local Government» était une réalité dans la vie quotidienne des citoyens.

Le fait d’accorder un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour mieux respecter ce double héritage est une excellente chose de mon point de vue, car unité n’est pas synonyme d’uniformité. Mais le diable se cache dans les détails. Maintenant que le législateur a fait son travail, il reste au Gouvernement et surtout à l’administration de préparer les textes d’application dans le même esprit. J’insiste sur l’admninistration, car ce sont les départements ministériels sectoriels qui peuvent le  mieux accélérer le rythme de l...

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