Discours haineux et communautaires : la fin de la récréation

Des mesures répressives désormais prévues pour ceux qui excellent dans la promotion de ces menaces à l’unité du Cameroun.


Deux articles qui viennent modifier des dispositions de la loi du 12 juillet 2016 portant Code pénal en vue de réprimer les discours haineux à caractère tribaliste et communautaire. C’est l’un des textes sur lesquels les parlementaires ont planché au cours de la 3e session ordinaire de l’année législative et qui a été promulgué le 24 décembre dernier par le président de la République. Au grand soulagement de la majorité des Camerounais. Ceci au regard de la montée de ce fléau observé dans notre société, avec le concours des réseaux sociaux. Des dérapages qui tendaient à mettre à mal la paix, la sécurité et la cohésion nationales. Il faut avouer que l’espace public camerounais était devenu le terrain de prédilection de la prolifération de ces discours qui jusqu’ici n’étaient pas encore réprimés par l’arsenal juridique en vigueur dans notre pays. Très souvent utilisé sous le terme anglo-saxon de « hate speech », le discours de la haine désigne un type de discours qui attaque une personne ou un groupe de personnes sur la base de caractéristiques diverses. Celles-ci peuvent être liées à la race, au sexe, à l’âge, à la tribu et même à la religion. La percée de ce phénomène avait ému jusqu’aux plus hautes sphères du gouvernement qui lui avait consacré toute une session du Conseil de cabinet au mois d’octobre 2019.
Ces infractions devraient désormais être lourdement sanctionnées, au regard des dispositions contenues dans le texte adopté par les parlementaires. S’agissant spécifiquement de la lutte contre la haine tribale, il est notamment prévu des peines allant d’un emprisonnement d’un à deux ans et d’une amende de 300 000 F à trois millions de F. Ces peines peuvent être doublées dès lors que le constat est établi que ces discours sont tenus par des responsables politiques, des hommes de média, des leaders religieux ou des responsables des organisations non gouvernementales. En décidant de sanctionner ainsi lourdement ces dérives, les pouvoirs publics ont saisi toute la mesure de la menace qui pèse sur l’unité et la cohésion nationales à la faveur de l’ouverture démocratique qui se poursuit et surtout du libre accès de la société camerounaise aux outils modernes de communication qui sont très souvent utilisés pour 

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