Budget 2020 : qui a droit à quoi

Depuis le 24 décembre dernier, le président de la République a promulgué la loi n°2019/023 du 24 décembre 2019 portant loi de finances de la République du Cameroun pour le compte de l’exercice 2020. Il s’agit d’une enveloppe globale de 4 951,7 milliards de F. Cette enveloppe, comme on peut le constater, connaît une baisse de 260,3 milliards de F en valeur absolue par rapport à l’exercice 2019. Toutefois, la loi de finances 2020 se veut conforme à l’esprit des orientations contenues dans la circulaire du président de la République, en date du 24 juillet 2019 relative à la préparation du budget de l’Etat pour cet exercice et aux principes définis par la loi portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques. Comme l’a expliqué le gouvernement, ce chiffre traduit la volonté de consolidation budgétaire et de maintien d’une croissance positive, la préservation des couches sociales vulnérables par un accent mis sur des mesures à caractère social. Autant le préciser tout de suite, cet argent n’est pas stocké dans un coffre. Il s’agira donc, pour les différentes structures compétentes de l’Etat de s’employer à trouver ces fonds qui serviront, en priorité à l’amélioration des conditions de vie des populations camerounaises, comme le veut le président de la République.   
Cette loi de finances, qui a été faite sur la base d’un certain nombre d’innovations, et dont le moindre n’est pas la création des comptes d’affectation spéciale (CAS), ceci conformément aux dispositions de la loi du 11 juillet 2018 portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques a été élaboré sur la base des hypothèses indiquant un taux de croissance économique de 4%, un objectif de déficit budgétaire global de 2,1%, un prix moyen du baril de pétrole à 55,3 dollars US et une parité de 575 F pour un dollar. Mais il convient par ailleurs de relever que ladite loi de finances entrera en scène le 1er janvier prochain dans un contexte bien particulier. Contexte du reste rappelé par le président de la République dans la circulaire mentionnée plus haut. Il s’agit notamment des échéances internationales qui interpellent le Cameroun, avec notamment l’organisation dans les prochains mois du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN 2020), l’achèvement des chantiers de la CAN 2021 que notre pays devra abriter. Comment ne pas le rappeler, il s’agira là de la première loi de finances intervenant dans le cadre de l’implémentation des recommandations du Grand dialogue national organisé à l’initiative du président de la République du 30 septembre au 4 octobre 2019. L’une des attentes des populations camerounaises concerne le volet lié à la décentralisation, ce d’autant plus qu’une fois encore, à l’initiative du chef de l’Etat, le Code général des collectivités territoriales décentralisées a été promulgué. Outre le statut spécial accordé aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il y a l’accélération même du processus de décentralisation que les Camerounais ont toujours voulu et qui a rencontré l’assentiment du président de la République.
Il faut donc dire qu’en dehors des questions liées au bien-être des populations des deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en particulier, qui aspirent à un retour définitif à la paix, c’est l’ensemble du Cameroun qui souhaite voir le développement de plus en plus impulsé dès la base.
Une fois encore, et on peut le comprendre, les secteurs sociaux constituent la priorité du gouvernement. Ils continuent de se tailler la part du lion dans le cadre de la répartition proprement dite. Le département ministériel en charge des travaux publics, avec une enveloppe globale de plus de 459 milliards de F se taille la part du lion. Il est talonné par les enseignements secondaires qui culminent à près de 405 milliards de F contre 235 milliards de F pour l’éducation de base et 234 milliards pour la défense. L’Eau et l’Energie voit son enveloppe passer de 226 milliards de F à plus de 244 milliards de F. En raison des préparatifs des événements sportifs annoncés plus haut, et dans la perspective de l’achèvement des chantiers qui y sont liés, une enveloppe de plus de 72 milliards est attribuée au département des sports. Quant au Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) il voit sa dotation budgétaire passer de 3 à 5 milliards de F en vue de lui permettre de mieux conduire ses actions sur le terrain dans le cadre d’un retour définitif à la paix dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
 

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