Ex-combattants et réfugiés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest : l’appel de la patrie

?Entièrement pris en charge et aux petits soins dans un hôtel de la capitale, ils appellent leurs camarades à retourner au bercail où il fait bon vivre.

Ils sont au deuxième jour de leur séjour dans la capitale politique. Les ex-combattants et réfugiés de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest savourent la fraîcheur du vent, après un petit déjeuner copieux. En groupes, les plus jeunes écoutent de la musique et n’hésitent pas à esquisser quelques pas de danse. D’autres partagent les dernières nouvelles sur les réseaux sociaux, à l’aide de téléphones androïdes visiblement encore neufs. Aucun mystère sur les sujets que ces hommes et femmes partagent avec les internautes et quelques membres de leurs familles respectives. « Nous leur disons que nous sommes bel et bien au Cameroun et entièrement pris en charge par le gouvernement. Nous sommes aux petits soins. Je suis très heureux d’être de retour dans mon pays », confie le Dr Success Nkongho.

L’équipe de CT arrive quelques minutes après le premier repas de la journée. L’équipe de restauration nettoie les tables, enlève les couverts et range les verres. Les marmites chauffantes et plateaux sont à moitié pleins. Le menu apprêté très tôt était consistant, en qualité et en quantité. « Chacun mange bien, comme il veut et quand il veut. Comme vous le voyez, la prise en charge est entière », lance un ex-combattant, verre de jus à la main. Mais il en faut un peu plus pour rayer le traumatisme de la mémoire de ces « anciens habitants de la forêt ». Mercy N., jeune mère, berce tendrement son bébé de deux mois. Elle a accouché dans la forêt, alors qu’elle fuyait les affres de sécessionnistes. Les yeux larmoyants de gratitude, elle se lâche : « Je me sens à l’aise d’être ici. C’est un privilège immense. Je ne pouvais pas imaginer que je me retrouverais ici en ce moment. Je suis comblée ». Un staff médical est en permanence aux côtés de ces 87 excombattants et réfugiés depuis leur arrivée. Ils ont droit à des consultations médicales et une prise en charge psychologique, pour assurer leur réinsertion.

Lorsque l’équipe de CT s’en va, normal que chacun s’empresse d’envoyer un message aux camarades combattants et réfugiés. « Qu’ils reviennent au pays. Qu’ils abandonnent ce combat. On nous a instrumentalisés », regrette le « général » Leonard Nambere, ex-combattant. « La paix n’a pas de prix et tout changement doit s’opérer dans la paix. Je souhaite que cette crise s’arrête le plus tôt possible», renchérit pour sa part un ex-réfugié

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