Etats-Unis-Iran : de l’électricité dans l’air

Les rapports entre Washington et Téhéran sont de plus en plus tendus depuis vendredi après la mort à Bagdad en Irak dans un raid américain du général iranien, Qassem Soleimani.

Le monde entier retient son souffle et redoute le pire au regard des récentes sorties des dirigeants américains, iraniens et de certains de leurs alliés après la mort vendredi à Bagdad en Irak du général iranien, Qassem Soleimani. Cet officier supérieur chargé des opérations extérieures de l’Iran a été tué dans une frappe américaine. Que ce soit du côté de Washington ou du côté de Téhéran, l’on assiste à une montée d’adrénaline. Dans son dernier tweet, le président américain a menacé de frapper « très rapidement et très durement » 52 sites iraniens si l’armée iranienne venait à s’attaquer à des Américains et à des structures américaines après l'élimination de l’officier supérieur iranien. « S'ils attaquent encore, ce que je leur conseille fortement de ne pas faire, nous les frapperons plus fort qu'ils n'ont jamais été frappés auparavant! », a prévenu Donald Trump. Par la suite, il dira qu’en cas d’attaque de l’Iran, les forces américaines « utiliseront leur bel équipement tout neuf (…) sans hésitation ». 
Du côté de l’Iran, plusieurs promesses de vengeance se font entendre. Le président iranien, Hassan Rohani, a fait savoir qu’« il n’y a aucun doute sur le fait que la grande nation d’Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l’Amérique criminelle pour cet horrible meurtre ». Plusieurs soutiens à Téhéran ont également fait entendre leurs voix. Notamment le président syrien, Bachar al-Assad qui, dans une correspondance adressée à l’ayatollah Ali Khamenei, a fait savoir que le soutien du général Soleimani à l’armée syrienne « ne sera pas oublié ». Les Brigades du Hezbollah, grand allié iranien, dont le numéro deux, Abou Mehdi al-Mouhandis, a également été tué, ont promis « le juste châtiment » aux « assassins criminels » en appelant les forces de sécurité irakiennes à s'éloigner « d'au moins 1.000 mètres » des sites où sont postées des troupes américaines. 
A travers le monde, des voix s’élèvent pour inviter à la retenue. « Le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe », a lancé Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a appelé l’Iran à éviter « une grave crise de prolifération nucléaire ». Alors que Dominic Raab, son homologue britannique, a invité « toutes les parties à la désescalade ». La Chine a, à travers Geng Shuang, l’un des porte-paroles de sa diplomatie, demandé « à toutes les parties concernées, en particulier aux États-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d’éviter une nouvelle escalade ».
 

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