COP 22: le financement de l’adaptation de l’agriculture en question

Considéré comme une priorité pour aider à limiter l’augmentation de la température mondiale, le secteur nécessite beaucoup de fonds.

 

La question du financement de l’adaptation de l’agriculture en Afrique faisait partie des principaux sujets à aborder lors de la 22è Conférence des parties (COP) à la Convention cadre des nations unis sur les changements climatiques (CCNUCC) à Marrakech. Pour l’occasion, le Maroc et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et leurs partenaires ont intensifié l’action climatique dans le domaine de l’agriculture par le biais de trois nouvelles initiatives: l’Adaptation de l’Agriculture africaine (AAA ou Triple A), le Cadre mondial sur la pénurie d’eau et le Pacte de Milan sur les politiques alimentaires urbaines. Parmi ces initiatives, le Triple A est soutenu par le Cameroun. « L’Afrique travaille pour des lendemains meilleurs pour l’Afrique, en particulier à partir et à travers l’agriculture africaine(…) Il existe des capacités et une volonté politique. Il s’agit maintenant dans une sorte de course contre la montre, de mettre en œuvre les solutions identifiées», déclare Henri Eyebe Ayissi, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, dans une vidéo de promotion du Triple A. Harmonisée avec l’Initiative adaptation africaine (AAI), le Triple A est soutenu par 28 pays africains. D’après la CCNUCC, la plupart des pays considèrent l’agriculture comme une priorité d’adaptation ou d’atténuation pour aider à limiter l’augmentation de la température mondiale. 95% ont inclus le secteur dans leurs contributions prévues déterminées au niveau national. 

Lancé en avril 2016, le AAA a vocation à garantir le financement de l’adaptation de l’agriculture africaine et d’augmenter la productivité agricole sur le continent, en captant 30% du plan d’investissement prévu à partir de 2020 pour l’adaptation des pays en voie de développement. Cela représente 30 milliards de dollars (plus de 15 mille milliards de F) par an pour le développement de l’Afrique. Des montants difficiles à trouver pour le monde agricole. « Le crédit agricole représente une faible part des crédits en Afrique du fait d’une inadéquation entre l’offre et la demande de crédit agricole », a déclaré Anne-Sophie Kervella, chargée de mission au sein de l’Agence française de développement, au cours d’un débat, rappelant que les risques spécifiques au secteur agricole (aléas climatiques, volatilité des prix, risques liés à la commercialisation des produits, etc.) sont plus imprévisibles que d’autres secteurs. Dans le combat climatique, l'enjeu du financement est important. Les flux actuels restent insuffisants pour répondre aux besoins de l’Afrique. D’après des statistiques, les projets d’adaptation ne mobilisent que 20% des fonds publics climat alors qu’il en faudrait 50% pour une répartition équilibrée. De même, l’agriculture ne mobilise que 4% des fonds publics climat alors qu’elle concentre 40% des emplois en Afrique et le continent ne capte que 5% des fonds climat alors qu’il dispose de 16% de la population. 

Envoyé spécial à Marrakech.


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