19e Forum de Doha : la gouvernance mondiale au scanner

La rencontre internationale tenue les 14 et 15 décembre dans la capitale du Qatar a drainé plus de 4000 participants, dont une palette de chefs d’Etats.

Quelle gouvernance est-elle possible dans un monde multipolaire, où les enjeux sont multiples, variés et parfois contradictoires ? A Doha, dans la capitale du Qatar, des leaders politiques, des chefs d’entreprises, des diplomates, et autres acteurs de la société civile au niveau internationale sont penchés sur la question. Pendant deux jours, ils ont réfléchi à la direction que prend le monde et surtout, au style de gouvernance qui va et doit désormais tenir compte de nouvelles tendances telles que le repli sur soi et la montée des nationalismes. Toutes ces questions étaient au menu de la 19e édition du Forum de Doha organisée du 14 au 15 décembre 2019 dans la capitale du Qatar.
Au cours de la cérémonie d’ouverture officielle le 14 décembre, Son Altesse Sheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani, l’émir du Qatar, a rappelé l’importance de se retrouver au moins une fois par an pour dresser ce bilan. « Si la situation n’avait pas été multipolaire, il n’y aurait pas eu de problème. Mais, si elle se traduit par une rivalité entre les Etats, alors il y a régression », a-t-il souligné. Etant donné que les défis se sont exacerbés au fil des années, il est quasiment impossible aujourd’hui d’opter pour l’isolationnisme. Les Etats sont interconnectés et condamnés à avancer ensemble.
Incontournable connectivité
Ainsi, près de 40 ateliers parallèles organisés durant ces deux jours ont permis d’aborder quelques problèmes auxquels le monde fait face aujourd’hui. Entre autres, la préservation des droits de l’Homme en temps de crise, les nouveaux modèles de gouvernance pour des contenus en ligne, l’impact positif des entreprises, ainsi que les relations entre la Chine et les Etats-Unis ou encore les enjeux de l’investissement pour des marchés émergents.
Tirant la sonnette d’alarme en guise de clôture, le président de l’Etat du Salvador en Amérique latine, Nayib Bukele, a posé les enjeux de la nouvelle gouvernance mondiale en trois piliers : la mondialisation arrivée au début des années 90 comme un bateau ivre qui a tout emporté avec elle ; Internet qui a gagné du terrain, induisant une connectivité permanente entre les hommes et les Nations ; la production mondiale largement supérieure à la consommation mais inégalement répartie, d’où les conflits de tous genres et surtout le changement climatique. Selon Nayib Bukele, l’enjeu majeur et l’unique option aujourd’hui est d’allier tous ces piliers clés pour avancer ensemble.
Créé en 2000, le forum de Doha se veut une plateforme d’échanges d’idées, de bonnes pratiques et de solutions entre différents acteurs du monde politique, économique, diplomatique et des acteurs de la société civile sur les questions cruciales qui touchent l’humain dans le monde entier. Une des grandes innovations de cette édition est la distinction de la personnalité de l’année. Il s’agit cette année de Mahathir Bin Mohamad, Premier ministre de la Malaisie, pour l’ensemble de son œuvre dans son pays du haut de ses 94 ans.
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category