Commerce de la petite monnaie : des mendiants s’y mettent

Profitant de la rareté des pièces, ils les revendent aux taximen et à toute personne dans le besoin.

Voilà un fait qui pourrait ralentir l’élan de générosité de certaines personnes promptes à faire l’aumône aux pauvres et aux invalides… Des mendiants qui vendent de la petite monnaie ! Le « secteur » des mendiants a connu quelques infiltrations, notamment de faux aveugles, certes. Mais des mendiants devenus aisés au point de vendre de la monnaie, ça c’est nouveau. Une autre façon d’accroître ses « revenus », pourrait-on dire aussi… 
Toujours est-il que cette nouvelle forme de business a pris corps à Douala. La scène se déroule au lieudit carrefour Eneo à Koumassi. Un taxi à bord duquel se trouve une équipe de reporters s’arrête sur le côté. La jeune fille qui « patrouille » dans ce secteur court vers le chauffeur. Tous les passagers croient, bien entendu, que le taximan va faire un geste de générosité. Mais tout ce monde est fort surpris lorsque débute la transaction commerciale avec la jeune fille. Parce que c’est de cela qu’il s’agit. La mendiante lui tend la somme de cinq cents francs en différentes pièces. A la requête du chauffeur, elle double cette somme, toujours en jetons. Notre conducteur lui remet alors deux billets de cinq cents francs, avec en sus une pièce de 50 F ! Fin de la transaction. Le taximan redémarre. Dans le véhicule, les passagers sont sidérés.
Puis, une question, qui semblait tarauder tous les esprits à bord, jaillit d’une des bouches : « Donc ils vendent les pièces ? ». A ce passager – mais la réponse intéresse aussi les autres – le taximan répond : « Oui. J’ai l’habitude de faire la monnaie ici. C’est moins cher comparativement aux autres ». Le conducteur passe une vitesse et ajoute que ce ne sont pas les seuls mendiants exerçant cette « activité ». Du certain point de vue, l’activité, bien que non réglementaire, leur permet de se faire un peu plus de sous pour survivre. Un observateur se demande si, sur cette lancée, ils ne pourraient pas se constituer un capital pour ouvrir un petit commerce « et passer de mendiant à commerçant au lieu d’être mendiant-commerçant ». Pour le moment, ces opérateurs économiques d’un autre genre se tournent les pouces… en attendant peut-être l’introduction de nouvelles pièces annoncée récemment par la Beac.

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