« SIGIPES II est le projet phare de l’exercice qui commence »

Joseph LE, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative.

Mr. Le ministre, un colloque national s’ouvre sur le thème « Modernisation de la Fonction publique camerounaise : Etats des lieux, défis et perspectives ». Qu’est-ce qui explique le choix de cette thématique ?

 Le choix de cette thématique s’explique par le souci de matérialiser la volonté du président de la République, Son Excellence Paul Biya. Rappelez-vous bien que dans son discours d’investiture le 06 novembre 2018, il relevait que « l’objectif de l’émergence doit être érigé en grande cause nationale qui mobilise l’ensemble de nos concitoyens, afin de faire du Cameroun un pays moderne et socialement avancé. Les agents du service public, comme du secteur privé, ont à cet égard un rôle important à jouer.» Egalement, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, annonce dans son programme du septennat son ambition de « moderniser notre fonction publique et la rendre plus efficaceLa fonction publique doit être au service du public. Elle doit tourner le dos à l'attentisme, à l'inertie, à l'immobilisme, et à l'affairisme, pour devenir plus efficace, se redonner une éthique, hisser ses performances à la hauteur des enjeux, et se tourner résolument vers la satisfaction de l'intérêt général. » C’est à la lumière de ces orientations présidentielles qui révèlent le rôle majeur que la fonction publique est appelée à jouer que nous avons pensé mobiliser les expertises de différents domaines pour faire le point et fixer de nouveaux objectifs à la dimension des enjeux de développement.

Quel est l’état des lieux de la modernisation au Minfopra ?

La modernisation au ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative est un chantier permanent avec plusieurs facettes. Je vous inviterai à jeter un coup d’œil sur le nouveau visage de ce ministère. Cette modernisation concerne les infrastructures et le cadre de travail qui sont en rénovation ; elle concerne les procédures qui sont en train d’être allégées et numérisées. Les ressources humaines sont formées et plus motivées ; elle concerne également l’organisation des services du ministère qui est en train d’être aménagée.  A cela s’ajoutent l’accroissement de l’usage des nouvelles technologies et la modernisation du système d’information avec la réfection des plateformes et du réseau informatique, et surtout, l’acquisition, grâce à un don du chef de l’Etat, d’un important stock d’équipements et de postes de travail informatiques.

Quid de la finalisation des travaux du SIGIPES II…

Nous allons nous appesantir sur sa finalisation en vue de la mise en service de la nouvelle solution de gestion des Ressources humaines de l’Etat et de la solde. C’est le projet phare du MINFOPRA au cours de l’exercice qui commence. En effet, le SIGIPES II va considérablement améliorer les conditions de travail des personnels de l’Etat. De même, la nouvelle démarche de mise en œuvre de ce projet vise à préserver la souveraineté de l’Etat et sa crédibilité vis-à-vis des bailleurs de fonds sera consolidée, car plusieurs autres réformes budgétaires en cours, dépendent de la mise en service du SIGIPES II. Pour ce qui est du plan de la gouvernance, le SIGIPES II constituera un levier majeur d’accélération de l’amélioration de la qualité du service public. En effet, il convient de relever que la solution attendue intégrera les avancées les plus récentes en matière de gestion des ressources humaines (GRH) dans un contexte digital. Ceci notamment à travers la rationalisation des dépenses de personnels, la maîtrise de la dette salariale, ainsi que l’organisation de la fonction publique locale avec le contexte actuel de l’accélération de la décentralisation, la maîtrise du phénomène d’affectation, de mobilité entre les ministères, d’abandon des postes et de décès non déclarés, la biométrie afin de garantir l’identification des agents publics, l’amélioration de l’assiduité des agents à leur poste de travail, l’éradication du phénomène d'agents fictifs et d’indemnités indues,  la numérisation de l’archivage documentaire.

Pourquoi avoir choisi d’organiser cette rencontre à ce moment précis ?

Plusieurs éléments de contexte nous ont conduits à envisager l’organisation de ce colloque dont les plus évidents sont la disponibilité des ressources informationnelles, intellectuelles et matérielles. Egalement, nous sommes en début d’année, période idoine pour planifier les actions à mener. Mais plus profondément, les constats enregistrés lors de mes descentes dans les régions, la promulgation du Code des collectivités territoriales décentralisées,  l’invite du président de la République à l’introduction de l’outil informatique dans le fonctionnement des services publics et surtout son engagement, lors de son discours d’investiture, pour la modernisation de la fonction publique, nous obligeaient à agir. Nous pensons que le timing est bon pour préfigurer la Fonction publique qui doit accompagner les importantes mutations institutionnelles, sociales et technologiques en cours.

Qui est concerné par ce colloque ?

Naturellement, toute personne soucieuse de contribuer à la réflexion ou de connaître les mutations en cours au sein de la Fonction publique camerounaise est attendue. C’est pourquoi en marge du colloque qui concerne les responsables des administrations publiques, les responsables chargés de la gestion des ressources humaines, les autorités municipales et les responsables des services des collectivités territoriales décentralisées, les universitaires, les leaders d’opinion, les syndicats, ainsi que les étudiants des universités et grandes écoles, nous avons organisé des journées portes ouvertes à l’attention du grand public et des usagers des institutions publiques. Ces journées portes ouvertes sont très importantes, parce qu’elles permettront aux usagers du service public, ainsi qu’au citoyen lambda de voir ce que nous faisons au quotidien pour simplifier les procédures et surtout pour nous rapprocher davantage du public. C’est ce que nous appelons « la Fonction publique de proximité ».

Quels sont les objectifs visés ?

Notre objectif principal est d’obtenir les contributions dans tous les domaines pour identifier les enjeux et les possibilités de modernisation de la Fonction Publique Camerounaise. Nous pensons ainsi avec les participants, jeter un regard rétrospectif et prospectif sur la Fonction Publique Camerounaise, opérer une lecture critique des textes, des formalités, et procédures en vigueur au sien de la fonction publique dans une perspective de la gestion harmonisée et rationnalisée des ressources humaines de l’Etat et valoriser la contribution du secteur public au processus de développement. Par ailleurs, nous pensons pouvoir présenter les outils et les informations générales de la Fonction publique, sensibiliser les agents publics sur les principes, les règles et les valeurs de la Fonction publique. Enfin, nous voulons mettre en exergue le rôle de la Fonction publique dans la mise en œuvre des politiques publiques, des Objectifs du Développement Durable et l’atteinte de l’émergence.

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