Economie

Axe Bamenda-Mamfé-Ekok : l’ouverture régionale

Avant de relier le Cameroun au Nigeria, ce tronçon de plus de 200 km entièrement bitumé rattache d’abord les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Réduire la pauvreté des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, par l’amélioration de manière appréciable, des conditions de circulation (temps, sécurité, confort, etc.) et de vie, et faciliter les échanges nationaux. Tels sont les principaux impacts attendus de la route Bamenda-Mamfe-Ekok, ouverte sur Abakaliki-Enugu au Nigeria. Mais à côté, il y a également l’accroissement du réseau routier national, ainsi que l’ouverture de deux ports du Cameroun au marché du Nigeria. En effet, le Programme de facilitation des transports sur le corridor Bamenda-Mamfe-Abakaliki-Enugu s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la qualité des relations entre le Cameroun et le Nigeria, suite au règlement pacifique du conflit frontalier de Bakassi.
A date, on ne parle plus de projet, mais d’une route opérationnelle dont les populations des deux régions bénéficient déjà pleinement. « Le goudron qui passe désormais a changé nos vies. Le simple fait d’arriver à Mamfé en une heure en moyenne relève du miracle. Avant la construction de cette route, il nous fallait une journée en saison sèche et une semaine en saison de pluies, quand les voitures et les motos pouvaient braver les bourbiers. Nous sommes contents et remercions le gouvernement du Cameroun qui a pensé à construire cette route, ainsi que les partenaires qui l’y ont aidé », déclarait un habitant de la localité d’Ekok, quelques mois avant la livraison des travaux en 2016. De plus, ces déplacements sont moins coûteux, grâce au bitume. « Avant les travaux, il fallait débourser 15 000 F pour partir de Mamfé dans le Sud-Ouest pour Bamenda dans le Nord-Ouest en saison pluvieuse et 6 000 pendant la saison sèche, contre 10 000 F et 5 000 F pour Ekok, en partant de Mamfé. Maintenant, ces trajets reviennent à 3 000 F et 2 500 F », affirmait un transporteur il y a peu, ajoutant qu’en temps normal, il peut faire plusieurs aller-retour, ce qui était inimaginable avant la construction de cette route. Des pièces détachées de véhicules, des produits agricoles (maraîchers, fruits, riz, etc.) et agro-alimentaires (savon, boissons hygiéniques, etc.) transitent donc désormais, lorsque le contexte socio-politique le permet, du Nigeria vers le Cameroun et vice-versa. 
Lancés en février 2010, les travaux réceptionnés en avril 2016 ont été réalisés en trois composantes principales. Une composante dite nationale avec la construction ou la réhabilitation des tronçons Bamenda-Mamfe-Ekok (203 km) au Cameroun et Enugu-Abakaliki-Mfum (238 km) au Nigeria. Côté camerounais, les travaux réalisés ont consisté en la réhabilitation de la section Bachuo Aakagbe-Mamfe ; la construction de la section Mamfe-Ekok ; la construction d’un pont de 94,5 mètres linéaires (ml) sur la rivière Munaya ; la construction d’une station de pesage et la fourniture d’un pèse-essieux mobile  et la construction d’infrastructures socio-économiques. Une composante dite commune avec la construction d’un pont sur la Cross River, y compris ses voies d’accès entre Ekok (Cameroun) et Mfum (Nigeria) de 403 ml de portée. 
Quant à la composante régionale, elle comprend la construction d’un poste de contrôle unique frontalier (PCUF) à Mfum. Cette dernière composante est mise en œuvre par la CEDEAO et les deux premières par les deux Etats. Ceci dans l’optique de renforcer la paix et la confiance retrouvée entre le Cameroun et le Nigeria, faciliter les échanges entre les deux pays, contribuer à l’intégration régionale par le rapprochement des deux Communautés économiques que sont la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Tout le long de cet axe, on retrouve des infrastructures sociales et marchandes tels que les centres de promotion de la femme, des salles de classe rénovées ou entièrement construites, des forages, des hangars de marché, des aires de séchage des produits agricoles,  des petites unités de transformation des produits agricoles, etc.
 

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