17- Tonnerre Kalara club : Un trophée historique

L’équipe de Mvog-Ada remporte la première coupe d’Afrique des clubs vainqueurs de coupe en 1975.

Une ambiance festive. Un public évalué à près de 100 000 spectateurs dans les gradins du stade Ahmadou Ahidjo. Un optimisme à toute épreuve et une dizaine de super guerriers prêts à en découdre sur le terrain pour entrer dans l’histoire. Avant la finale retour de la première coupe d’Afrique des clubs vainqueurs de coupes, le 14 décembre 1975, tout était décidément réuni pour que la fête soit belle pour les Camerounais. Il faut dire que la toute nouvelle compétition de la Confédération africaine de football opposait le Tonnerre Kalara Club local  aux Ivoiriens de Stella. Et la fête a  été belle. Quand Amengor, l’arbitre central, siffle la fin de la partie dans la nuit noire de Yaoundé, c’est l’euphorie au stade et dans les rues de la capitale. Le TKC est sacré champion d’Afrique grâce à sa victoire 4-1 sur son adversaire. Des buts camerounais signés Mangamba, Binyam et Milla, auteur d’un doublé. Largement suffisant donc, surtout qu’à l’aller, un Milla au sommet de son art avait créé la sensation au stade Houphouët Boigny d’Abidjan, le 30 novembre, en permettant aux Camerounais de s’imposer 1-0. Parmi les héros du jour, on retrouve aussi Ambiang, Ndoumbe Lea, Fouda Zibi ou encore Nlend. Mission accomplie donc pour les hommes entraînés par Léonard Nseke qui ont clairement survolé cette finale pour remporter ce titre africain, le seul d’ailleurs de l’histoire des Kalara Boys.
Le chemin du sacre n’a pourtant pas été aisé. Sa qualification pour la finale, le groupe la doit à sa victoire 1-0 à Yaoundé, en demi-finale aller, contre les Zambiens de Mufulira Wanderers, puisque les deux équipes se séparent dos-à-dos (2-2) au retour. Après s’être débarrassé des Nigérians de Mighty Jet de Jos (2-2, 0-0) en 1/8e, l’équipe de Mvog-Ada aura fort à faire face aux Égyptiens d’Union recréation en quarts de finale. D’ailleurs, ceux-ci laminent le TKC 4-0 en Egypte. Au retour, les Kalara Boys, en feu, mènent 3-0 à l’heure de jeu et on voit mal les Egyptiens s’extirper de leurs griffes. Ces derniers vont alors s’en prendre à l’arbitre de la rencontre. D’abord par un joueur, puis, par un des soigneurs qui moleste le central. Les joueurs égyptiens quittent ensuite le terrain. L’arbitre constate la victoire du TKC et donc, sa qualification pour le dernier carré. Une décision qui sera confirmée en juillet par la CAF. Rien n’arrêtera plus donc Paul Nlend et ses coéquipiers.
Le trophée, lui, sera célébré au bout de la nuit avec notamment une réception organisée à l’hôtel des députés par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Felix Tonye Mbog. Parmi les  500 invités, la délégation ivoirienne et les hauts responsables de la CAF. D’ailleurs, le président Ydnekatchew Tessema, remettra les médailles aux acteurs à cette occasion. Tout comme le trophée qui rentrera avec Omgba Zing, président du TKC. Cette victoire apparait pour de nombreux Camerounais comme un baume sur la plaie encore béante laissée par la CAN 1972. Il faut revenir aux images des foules présentes lors des séances d’entraînement de l’équipe avant la finale pour le comprendre. Même si on regrettera cet incident qui changera le destin d’Adalbert Mangamba. Ce dernier, lors d’un télescopage avec son coéquipier Fouda Zibi, durant la finale, perdra deux dents. Le joueur ne bénéficiera jamais de soins et choisira après cela de ne jouer que pour Caïman. Il ne sera donc pas de l’épopée africaine de 1976 conclue par une défaite du TKC en finale, face à Shooting stars du Nigeria.
 

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