« Regrouper les PME par filières de production »

Samuel Moli, président du Centre national de promotion des échanges (CNPE) du Cameroun.

Concrètement, quelles sont les missions des organismes de promotion du commerce ?

Nous sommes des facilitateurs. Nous servons de relais entre les institutions internationales qui régissent le commerce et les entreprises locales voire l’Etat lui-même. A titre d’illustration, il y a des PME locales qui voudraient exporter leurs productions. Au-delà de ces productions et de leur volonté, il y a des procédures et des normes à observer. C’est donc à ce niveau qu’interviennent les organismes de promotion du commerce. Ils expliquent aux entreprises quelles sont les bonnes pratiques en matière de production, les conditions d’emballage pour mettre à l’exportation et les documents à avoir pour viser l’export.

Les choses se passent-elles aussi facilement au Cameroun ?

Hélas, il y a beaucoup d’achoppements dans notre pays. Néanmoins, nous essayons de remplir nos missions en allant vers les PME pour les pousser à vendre à l’extérieur, en les éduquant sur les normes de production et de conditionnement. Sauf qu’il y a un gros problème, lié à la faiblesse de la production. On ne couvre déjà pas le marché local ni sous-régional. Aller plus loin est donc difficile. Très peu d’entreprises camerounaises peuvent actuellement se permettre de viser l’export, faute de quantité et même de qualité. Les entreprises qui ont la qualité n’ont pas toujours la quantité et dans ce cas, il ne sert à rien de se lancer à l’export parce que ce ne sera pas rentable. Les commandes se font en tonnes et si vous loupez une seule, l’acheteur va chercher ailleurs. D’où la nécessité de regrouper les PME par filières de production. Cela permet d’avoir la quantité, d’assurer la qualité grâce à une éducation de masse et au contrôle mutuel et enfin, d’avoir une force de négociation face aux acheteurs.

Au sortir de cette conférence, quel message porterez-vous aux PME camerounaises ?

Qu’elles profitent de la mise en œuvre de l’APE avec l’Union européenne pour s’équiper aujourd’hui, sachant que demain, il faudra vendre ou disparaitre. Les débouchés existent, il faut simplement se mettre à l’école des normes de production, de conditionnement, de respect de l’environnement et de commercialisation pour gagner de l’argent et aider le Cameroun à équilibrer sa balance commerciale. Il nous revient également de les aider à identifier les clients et ainsi, produire en conséquence, en sachant que ce sera vendu.

Envoyée spéciale à Marrakech.

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