Fermeture des frontières du Nigeria : le plaidoyer de la CEDEAO

Les ministres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont formulé samedi à Ouagadougou au Burkina Faso un ensemble de recommandations pour sortir de l’impasse actuelle.

Réunis samedi à Ouagadougou au Burkina Faso à l’effet de trouver des solutions à court terme à la fermeture des frontières qui date depuis août 2019, les ministres des Affaires étrangères et du Commerce de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont remis au président burkinabè les conclusions de leurs travaux tenus à Ouagadougou. Roch Marc Christian Kaboré devra par la suite transmettre ces recommandations à ses homologues ouest-africains. Les participants à cette rencontre ont déploré à l’unanimité les effets néfastes de cette fermeture unilatérale décidée par le géant nigérian sur les échanges commerciaux au sein de cette sous-région. « Notre communauté vit des moments difficiles. Il y a péril en la demeure (car) nos acquis sont fragilisés par la fermeture des frontières terrestres aux marchandises entre le Niger, le Nigeria et le Bénin depuis six mois maintenant, (qui) a un impact négatif sur le volume des échanges intercommautaires pour les années 2019 et 2020 », a déploré l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou,  président de la Commission de la CEDEAO. « Cette fermeture a des répercussions profondes sur les échanges, les opérateurs économiques sans oublier les consommateurs qui doutent aujourd’hui de notre communauté », a-t-il poursuivi. Dans les faits, plus de 80 % des entreprises et produits agréés par schéma de libéralisation des échanges dans l’espace CEDEAO proviennent des États-membres directement affectés par cette fermeture.
A l’origine, Abuja avait invoqué une mesure pour lutter contre les trafics et la contrebande pour justifier sa décision. En novembre dernier, le Benin et le Niger, les deux Etats les plus affectés par cette décision, ont convenu avec le Nigeria de lancer des patrouilles communes dans le but de combattre ce phénomène. Trois mois plus tard, l’initiative tarde à porter des fruits. Mais, la CEDEAO tente de rassurer le Nigeria en proposant d’autres pistes de solutions. « Le déploiement de la carte nationale d’identité biométrique permettant de doter un grand nombre de citoyens d’un document de voyage simple à coût réduit, favoriserait une mobilité sécurisée et une réduction des tracasseries aux frontières et sur les axes routiers de la CEDEAO. Cela permettrait aussi de rassurer le Nigeria en ce qui concerne les problèmes de sécurité et de traite de personnes », suggère Salou Djibo, président de la « task force » sur la libre circulation des personnes et des biens. 
 

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