« Les premières tendances sont bonnes »

Pr. Justine Diffo Tchunkam, coordonnatrice du Réseau More Women In Politics.

Vous conduisez un plaidoyer en vue d’une meilleure représentativité des femmes aux postes électifs. Au lendemain de la première phase de la session de plein droit des conseils municipaux, quelles tendances ?

Effectivement, le Réseau More Women In Politics dans le cadre du projet Démocratie au féminin financé par l’Union européenne entre 2016 et 2019 vise une meilleure représentativité des femmes à la tête des exécutifs communaux. Nous visions 30% de femmes maires et au moins une femme dans chaque exécutif communal. Aujourd’hui, avec les remontées d’informations du terrain, nous nous rendons compte qu’après la première session de plein droit, on peut se réjouir de ce que nous sommes sur la voie. Les premières tendances sont bonnes. Mais nous nous en tenons aux informations officielles qui seront rendues publiques bientôt, pour nous permettre de savoir avec exactitude combien de femmes maires nous avons. Est-ce que ce nombre est passé de 27 à 80 pour 360 mairies ? C’est ce que nous allons voir à l’issue de ce processus. 

D’après ces premières informations, quels sont les obstacles auxquels les femmes font face dans ce processus ?

Il faut déjà louer le fait que la plupart des partis politiques, en commençant par le parti au pouvoir, ont donné des mots d’ordre visant à accorder la part belle aux femmes et aux jeunes. Cela s’est vérifié lors des investitures et pendant la campagne électorale. Maintenant, pour ce qui est des obstacles, le premier est financier. Dans l’organisation de la campagne électorale, une campagne de proximité demande des fonds pour se déployer, toucher les populations  et communiquer. Passée cette étape de terrain et après l’élection, elles doivent se positionner pour être à la tête des mairies. Ce qui n’est pas évident car il faut regretter le fait que les mots d’ordre ne sont pas toujours suivis. Sinon, comment pourrait-on expliquer le fait que dans certains exécutifs communaux, il n’y ait pas de femmes ? On a vu des exécutifs de trois membres, zéro femme, de cinq membres toujours sans femme. Il faut souligner que les femmes se battent pour y accéder, mais un autre obstacle d’ordre juridique est le fait de n’avoir pas réussi à obtenir le décret d’application du Code électoral qui fixe le quota des femmes dans les exécutifs communaux. Par exemple, si un texte disait clairement que dans chaque exécutif communal, on doit retrouver au moins une femme et au moins un jeune, ça aurait été clair. Et le représentant de l’Etat devait s’assurer du respect de cette disposition.

Mardi prochain, se tient la session de plein droit dans certaines communes. Que proposez-vous pour rectifier le tir ? 

Nous plaidons et sensibilisons ceux qui conduisent ces opérations à respecter la vision paritaire impulsée par le président de la République, Paul Biya et la circulaire du secrétaire général du Comité central du RDPC, qui ont demandé qu’on fasse une place aux jeunes et aux femmes. Si on pouvait respecter cela dans les exécutifs communaux de sorte qu’on puisse retrouver au moins une femme et un jeune, je pense qu’il s’agirait d’une place honorable aux résultats du double scrutin et au Cameroun, lorsque qu’on fera le bilan des 25 ans de Beijing cette année, à la Commission pour le statut de la femme à New-York. Nous devons nous battre pour l’image du Cameroun à l’international.

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