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Présidentielle en Guinée Bissau : on recompte les voix

La Cour suprême a délivré une ordonnance mardi dernier renvoyant la Commission nationale électorale à la tâche.

C’est ce jeudi 27 février 2020 que Umaro Sissoco Embalo devait prêter serment et être ainsi investi nouveau président de la République de Guinée-Bissau. Il devra encore attendre. Un rebondissement dans le processus électoral est intervenu mardi dernier, à 48h de cette échéance attendue. La Cour suprême a délivré une ordonnance qui instruit la Commission nationale électorale de procéder au recomptage des voix. A l’issue du second tour de la présidentielle qui a eu lieu le 29 décembre 2019, Umaro Sossoco Embalo était déclaré vainqueur par la Commission électorale avec 53,55% des suffrages contre 46,45% pour son concurrent Domingos Simoes Pereira. Ce dernier avait remporté le premier tour de la présidentielle le 24 novembre 2019 avec 40,13% de suffrage devant Umaro Sissoco 27,65% et le président sortant José Mario Vaz au pouvoir depuis 2014. Candidat du parti au pouvoir (parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap vert), Domingos Simoes Pereira avait dénoncé les irrégularités lors du second tour et émis des doutes sur la crédibilité des procès-verbaux, se situant ainsi aux antipodes de la position de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui avait entériné le vote. 
Pour le camp de Umaro Sissoco Embalo, la décision de la Cour suprême est un pavé jeté dans la mare. Pour celui de Domingos Simoes Pereira, ce n’est qu’un processus électoral normal dont le dernier mot appartient à cette institution.  En déclarant les résultats qui avaient donné la victoire à Umaro Sissoco, la Commission nationale électorale avait affirmé avoir épuisé son autorité en matière de ce processus électoral. La Cour suprême vient de la remettre à la tâche. La CNE envisage une rencontre avec ses avocats pour examiner l’ordonnance de la Cour suprême et statuer. 
Domingos Simoes Pereira, 57 ans et Umaro Sissoco Emballo, 48 ans, sont deux ex-Premiers ministres sous le président sortant José Mario Vaz. Le second (2016-2018) a remplacé le premier (2014-2015). Avec une population d’à peine 1,8 millions d’habitants (moins que celle de la ville de Yaoundé), la Guinée-Bissau, pays d’Afrique de l’Ouest, s’illustre par ses crises politiques quasi permanentes. Depuis son indépendance en 1974, elle a connu quatre coups d’Etat, 16 tentatives de destabilisation des institutions et un balai interminable de Premiers ministres. Il est gangréné par la pauvreté, la corruption, la drogue.
 

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