Société

Arnaque dans la délivrance des passeports : trois suspects interpellés

Un civil et deux fonctionnaires de police ont été mis aux arrêts le 20 février dernier, par la cellule d’enquête du cabinet du délégué général à la Sûreté nationale.

Ils avaient certainement déjà arnaqué plusieurs demandeurs de passeport en urgence. Le 20 février dernier, la cellule d’enquête du cabinet du délégué général à la Sûreté nationale a sifflé la fin de la récréation. Sur la liste des suspects, figurent le nommé Georges Emmanuel Angoa, cadre d’appui au ministère des Marchés publics, le gardien de la paix David Merlin Ngoh, en service à la direction de la police des frontières et le gardien de la paix principal, Estelle Nadia Olongo, en service au Commissariat du 5e arrondissement. Le trio a été mis aux arrêts en attendant son déferrement au parquet. 
Selon l’officier de police judiciaire, Vincent de Paul Meva, chef de la cellule d’enquête du cabinet du Dgsn, le pot-aux-roses est découvert suite à la dénonciation d’une étudiante en cycle doctoral, dans une université canadienne. Voulant renouveler son passeport avant son retour, elle a appelé une de ses connaissances de la police : la gardienne de la paix Nadia Olongo. Cette dernière lui explique que l’obtention du passeport est actuellement très compliquée. Il faut débourser 400 000 F. C’est ainsi que la policière lui remet le numéro du nommé Georges Emmanuel Angoa. Toujours selon notre source, ce dernier promet lui établir le passeport en deux jours. Ce délai est parfait pour le demandeur, mais le montant exigé est au-delà des ses espérances. Intriguée, la jeune dame décide de rencontrer le Dgsn en personne, afin de lui poser son problème. Le chef de corps est scandalisé et s’engage à tout mettre en œuvre pour attraper ces « faussaires ». La somme de 400 000 F est remise au responsable de l’enquête et transmise à l’étudiante. « Nous avons monté un stratagème et remis les 400 000 F à Georges Emmanuel Angoa. C’est donc entre le commissariat du 5e arrondissement et son bureau que Georges Emmanuel Angoa est pris en flagrant délit, les 400 000 F en poche », raconte l’officier de police judiciaire. L’homme passe aux aveux et cite tous les membres de son groupe. L’exploitation de leur téléphone met à nu ce réseau d’arnaque dans la délivrance des passeports.
Avec l’arrestation de ces trois suspects, le délégué général à la Sûreté nationale saisit l’occasion pour appeler les Camerounais à plus de prudence. Le circuit de délivrance des passeports connaît quelques soucis qui sont sur le point d’être corrigés, mais les demandeurs de ce document ne doivent pas pour autant choisir l’illégalité. D’après Vincent de Paul Meva, Martin Mbarga Nguele rappelle que « le passeport coûte 78 000 F et pas 300 000 F. Il n’y a pas de passeport express. Et désormais, lorsqu’un usager donnera plus de 78 000 F, il sera aussi arrêté et déféré comme corrupteur. » A bon entendeur…
 

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