Politique

« Le dispositif de formation est désormais plus varié »

Georges Elanga Obam, ministre de la Décentralisation et du Développement local

Monsieur le ministre, le président de la République a signé le 2 mars dernier, le décret portant création, organisation et fonctionnement de la National School of Local Administration. Qu’est-ce qui va fondamentalement changer par rapport au CEFAM qui existait déjà ?
Ce qu’il faut retenir de ce texte signé récemment par le président de la République, c’est que nous passons d’un établissement qui formait des personnels à destination des communes et de qualification moyenne, si on peut le dire ainsi, à un établissement qui va désormais former des personnels destinés aux deux segments de la décentralisation que sont la commune et la région. C’est important. Il faut également observer que jusqu’à présent, l’accès au CEFAM, se faisait sur recommandation des personnels par les collectivités territoriales décentralisées. Et généralement à l’issue de leur formation, ils rentraient travailler dans ces structures. Le dispositif mis en place permet de former des personnels en quantité plus importante. Il y a un plus libre accès à l’école par la voie du concours et l’ensemble des produits qui en sont issus, ne sont pas forcément destinés à servir immédiatement les collectivités qui, comme la loi le reconnaît, gardent la capacité de procéder au recrutement de leurs personnels. Il faut enfin observer que c’est une structure qui formera des personnels au niveau de l’encadrement, de la maîtrise et des employés de l’administration. Jusqu’à présent, les personnels étaient formés dans les segments de l’administration et des finances. Le dispositif de la National School of Local Administration est plus varié. Nous pouvons enfin dire que nous continuerons à avoir la formation initiale, des formations de remise à niveau et une troisième qui est la formation à la carte. Le CEFAM formait des personnels à vocation nationale, alors que la possibilité est désormais offerte de former des gens qui seront à la fois des nationaux et des étrangers, dans les capacités de l’école.
On peut considérer aujourd’hui que le problème de la qualité des personnels des collectivités territoriales décentralisées a trouvé une solution ?
En grande partie, oui. Le dispositif de cette institution, lorsqu’il sera complètement mis en place et opérationnel, répondra pour l’essentiel aux besoins de nos collectivités territoriales décentralisées. Cela va sans dire qu’il y a des corps de métiers qui ne seront pas formés au sein de cette institution et qui continueront de l’être au sein des autres structures qui existent dans notre pays. C’est le cas de tout le dispositif de l’enseignement supérieur ou divers corps de métiers d’ingénierie, de spécialités en matière de finance et certaines autres spécifications techniques qui ne seront pas formés dans cette institution.
La phase de la mise en place des exécutifs municipaux issus des élections du 9 février 2020 tire à sa fin. Ces nouveaux élus pourront-ils bénéficier des enseignements de la NASLA, quand on sait que nombreux parmi eux vont se frotter à la gestion municipale ?
Je dois indiquer que le décret du président de la République a été signé il y a quelques jours seulement. Il est donc difficile d’envisager que cette institution soit opérationnelle pour le personnel politique qui est consacré par l’élection récente des conseillers municipaux et des exécutifs municipaux et des régions à venir bientôt. Il faut considérer que c’est à moyen termes que l’on peut envisager cette prise en charge, moyen terme n’étant pas une longue durée. Pour ce qui est des exécutifs municipaux qui se mettent en place et de tout l’environnement qui va les accompagner, le ministère de la Décentralisation en collaboration avec d’autres administrations qui sont dans l’environnement de la décentralisation sont en train de finaliser un plan de formation à très court terme que l’on verra se déployer bientôt. Je puis assurer que le dispositif des compétences élargies que la loi du 24 décembre 2019 a prévu, les moyens financiers matériels importants qui sont également prévus dans cette loi et les nouvelles modalités de l’encadrement par l’Etat en termes de tutelle seront précisés à tous les intervenants. Il s’agira des maires et leurs adjoints, les secrétaires généraux des mairies, des communautés urbaines, des receveurs municipaux et de l’administration qui assure la tutelle de l’Etat, c’est-à-dire le corps de la préfectorale. Nous sommes en cours de finalisation des modules de formation, de même que le process humain qui va être déployé et l’organisation qui permettra de prendra tout cela en charge. La nouvelle institution prendra le relais dans un terme plus permanent.
 

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