Santé : l’obésité gagne du terrain

La première Journée de lutte contre le mal, le 4 mars dernier, invite à un changement de comportement.

Fadima N., 20 ans, souffre d’obésité. Elève dans un lycée de Yaoundé, la jeune femme ne pèse pas moins de 125 kilogrammes du haut de ses 1,62 mètres. Rien d’alarmant jusqu’ici, sauf que dernièrement, son médecin lui a diagnostiqué une hypertension artérielle. « Au début, je me sentais très mal. J’avais du mal à respirer normalement. Cela était accompagné de maux de tête le matin, sur le sommet et à l’arrière du crâne. Sans oublier des étourdissements et des troubles visuels avec une grosse fatigue », confie la lycéenne qui reconnaît avoir abusé des sodas et des mets riches en calories. « Il m’arrivait souvent de boire un à deux litres de sucrerie par jour. Sans oublier le fait que je me goinfrais de pâtisseries », avoue Fatima qui dit s’être mise au sport et avoir adopté un régime alimentaire plus sain, grâce aux recommandations de son médecin. 
Comme Fadima N., 15¨% de la population camerounaise souffre de l’obésité, une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. Un adulte sur quatre en milieu urbain est en surpoids d’après le Pr. Eugene Sobngwi, endocrinologue-diabétologue. Les enfants et les femmes sont les couches les plus exposées. Cette maladie qui gagne du terrain, est selon les spécialistes, le premier facteur de risque de maladies cardio-vasculaires et du diabète, causes principales de décès dans le pays. L’obésité est également à l’origine de certains cancers et de nombreuses autres affections. En cause, entre autres selon un diététicien, la consommation excessive d’aliments riches en lipides comme l’okok, le eru, le koki, le kondre et la sauce jaune. L’obésité peut aussi être liée à l’insécurité alimentaire, compris ici comme une situation qui survient lorsque les aliments sains et nutritifs ne sont pas disponibles, ou qu’il est difficile d’en acquérir en quantité suffisante.
Une étude internationale sur l’état de santé du monde indique que l’obésité tuerait trois fois plus que la malnutrition. « Aujourd’hui, dans le monde, on meurt plus du manger trop, que de ne pas manger assez. En 20 ans, on est passé d’un monde où les gens souffraient de malnutrition à un monde où les gens souffrent de maladies liées à une alimentation trop grasse et trop riche », souligne un expert sur ce paradoxe sanitaire. Hier 4 mars 2020, la communauté internationale a célébré la toute première Journée mondiale de lutte contre l’obésité. Cette mobilisation vise à apporter une réponse mondiale à une maladie qui prend de l’ampleur sur la planète. La volonté affichée étant d’encourager les populations à avoir une alimentation saine et à faire régulièrement de l’exercice. 
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category