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Les infrastructures, levier de l’intégration régionale

La célébration de la 11ème édition de la Journée de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale a offert à Paul Biya, le président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat de la  CEMAC, l’opportunité de rappeler à ses pairs et aux peuples de la sous-région la somme des défis auxquels il faut faire face pour impulser un développement économique et social durable dont les retombées ne peuvent qu’être bénéfiques aux populations de cet espace géographique. Les spécialistes du développement sont unanimes sur le rôle incontournable des infrastructures dans l’accélération de l’intégration économique au triple plan national, régional et continental. L’expérience des grands pays industrialisés d’Europe, d’Amérique du nord ou d’Asie renseigne à suffisance sur les énormes efforts consentis pour rapprocher les peuples, les pays et favoriser les échanges à travers des projets fédérateurs dans des domaines aussi variés que les transports, le commerce, l’électricité, les télécommunications, etc. 
En s’inspirant de ces précédents historiques, les dirigeants de la CEMAC ont compris très tôt la nécessité de relever le défi infrastructurel sans lequel on ne saurait envisager la « libre circulation des personnes et des biens » qui demeure la clé de voute de toute intégration régionale réussie. Il  faut d’ailleurs souligner le retard accusé dans ce domaine par l’Afrique centrale en comparaison avec d’autres régions du continent.  Pour ne prendre qu’un exemple, le réseau routier  de la sous-région comporte encore des nombreuses lacunes qui sont autant de freins aux déplacements entre les différents pays. Même si on peut saluer le projet très avancé de la transfrontalière Sangmélima-Ouesso qui va contribuer à booster les échanges entre le Cameroun et le Congo, on peut aussi déplorer l’absence pour le moment  d’une infrastructure moderne permettant de relier par exemple Ndjamena à Brazzaville en passant par Bangui, Douala et Libreville, comme c’est déjà le cas pour l’autoroute Lagos-Abidjan-Dakar en  Afrique de l’Ouest. Selon une note récente sur les faiblesses et les sources de résilience dans les pays de la CEMAC, le manque d’infrastructures adéquates fait partie des principales causes de la fragilité actuelle de la zone, notamment dans les domaines de l’énergie et des transports qui constituent un frein à l’essor du secteur privé et aux exportations inter-régionales. Pourtant, l’Afrique centrale est la partie du continent qui renferme le plus grand potentiel hydroélectrique avec 58% du potentiel africain. En dépit de ce potentiel, la situation énergétique des pays membres est loin d’être satisfaisante, et constitue un handicap à la mise en place d’un tissu industriel performant. Conséquence : la sous-région demeure la moins intégrée du continent, le niveau du commerce entre pays membres étant de loin le plus bas en comparaison aux autres communautés économiques régionales. Comme déjà relevé, la faible performance de l’intégration est liée au déficit infrastructurel mais aussi au maintien des barrières tarifaires et non-tarifaires et à la faible diversification des économies.
C’est conscient du retard accumulé que le président en exercice de la communauté appelle à un sursaut d’orgueil autour du thème central qui vise à améliorer les infrastructures physique en vue de promouvoir les échanges entre les peuples du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Tchad. Il est évident désormais pour tous que le développement des voies de communication, l’interconnexion des réseaux électriques et la fluidité des télécommunications pourraient, mieux que tous les discours, contribuer au renforcement de la dynamique d’intégration régionale. Il faut passer des paroles aux actes.

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