Côte d'Ivoire : la révision constitutionnelle votée

Le parlement réuni en congrès mardi à Yamoussoukro a adopté le projet en l’absence des élus de l’opposition.

Pour être adopté, le texte soumis aux parlementaires, réunis mardi dernier en congrès à Yamoussoukro, devait être voté par au moins deux tiers des députés et sénateurs ivoiriens. En dépit de l’absence des élus de l’opposition, il y a eu plus que les 230 voix requises, c’est-à-dire 246 pour, 2 contre. Cette révision constitutionnelle était proposée par le président Alassane Dramane Ouattara, qui, devant le parlement le 5 mars dernier, avait tenté de dissiper les appréhensions qui entouraient la modification de loi fondamentale en expliquant qu’il n’était nullement question de prétexte pour pérenniser un pouvoir ou exclure des adversaires politiques du jeu électoral. « Il est apparu nécessaire d'entreprendre quelques adaptations dans la constitution de la IIIe République, dans le souci de l'améliorer et de pérenniser un modèle de fonctionnement de l'exécutif qui a démontré son succès et son efficacité », avait-il insisté.
Le nouveau texte contient en effet des réformes saillantes. D’abord, il supprime le « ticket » président vice-président. Le vice-président sera désormais nommé par le président élu, et non pas élu avec lui lors de la présidentielle comme le prévoyait la constitution de 2016. En fait, c’est un mécanisme qui est abrogé sans avoir été appliqué. L’opposition dénonce un manque de légitimité du vice-président dans cette configuration. Le pouvoir répond que le vice-président sera un élu du peuple, maire ou député par exemple. Autre réforme : la suppression de la Cour suprême avec l’institutionnalisation du Conseil d’Etat et de la Cour des comptes. 
L’opposition, qui n’aurait pas pu mathématiquement empêcher l’adoption au cas où elle serait présente aux travaux, ne jugeait pas opportun de modifier la loi fondamentale à quelques mois de la présidentielle du 31 octobre.
 

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