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Guinée Conakry : les élections, malgré tout

Les législatives et le référendum ont eu lieu hier dans un contexte de tension.

Les Guinéens sont allés aux urnes hier dimanche pour un double scrutin législatif et référendaire. Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes en dépit des « vents » du coronavirus et des « marées » des contestations de l’opposition ainsi que les réserves de plusieurs institutions internationales. L’opposition dénonce depuis des mois, la nature de la réforme constitutionnelle. L’actuelle loi fondamentale qui date de 2010 n’autorise pas Alpha Condé à briguer un troisième mandat à la prochaine présidentielle prévue en octobre 2020. Le texte soumis au référendum l’y autorisera.
La même opposition dénonce un fichier électoral truqué. Elle s’appuie sur, une étude de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Selon elle, sur les 11,9 millions de personnes inscrites, 2,49 millions sont problématiques avec des cas avérés de décès, doublons, absence de documents d’identité, etc. Après la suspension du double scrutin du 1er mars, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait mandaté des experts pour auditer ce fichier électoral, sur la base du travail de l’OIF. Le 11 mars, ces experts ont adressé au président de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) le fruit de leur enquête. Ils ont recommandé « le retrait des 2 438 992 électeurs inscrits sans pièces justificatives ». Ils ont relevé aussi 2,5 millions « doublons », 164 000 décès, près de 59 000 mineurs. La Ceni s’était engagée à faire droit ces recommandations, lesquelles « ont été intégralement prises en compte », a déclaré le président de la République dans une adresse à la nation samedi dernier. 
En maintenant l’échéance d’hier 22 mars, Alpha Condé jargumente que la réforme de la constitution vise à « doter la Guinée d’une Constitution qui réponde aux besoins actuels », sur les droits des femmes, la lutte contre les mutilations génitales féminines, la gratuité de la scolarité, l’écologie, la répartition des revenus de l’État. En d’autres termes, pour les autorités, le référendum propose une constitution plus moderne permettant de mieux ancrer la parité homme-femme et de marquer une avancée sur les questions sociales. Dans une allocution samedi dernier, le chef de l’Etat a voulu apaiser les populations et rassurer la communauté internationale. Son discours intervenait à la suite des heurts qui ont éclaté dans plusieurs localités du pays entre les forces de l’ordre et les manifestants anti-référendum. 
Moussa Faki, président de la Commission de l'Union africaine, a fait savoir sa préoccupation « face aux tensions et aux divergences qui prévalent entre les acteurs politiques guinéens et leurs conséquences potentielles sur la stabilité à long terme du pays ». Il a invité toutes les parties à s'abstenir de toute action susceptible de compliquer la situation.
 

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