Facturation d’eau et d’électricité : encore des plaintes

Les consommateurs peinent à comprendre l’augmentation des montants de leurs factures qui passent du simple au double.

Avant, le montant de ses factures d’eau oscillait autour de 7000 F. Mais ça c’était avant. En novembre, la facture d’eau de Franklin Nyeki est arrivée à 24 000F. En décembre, le même montant était apposé sur la facture de cet habitant de la ville de Yaoundé. Son agacement n’a pas dépassé la limite des plaintes auprès des proches. Mais sa dernière facture affiche 55 000 F. Il n’avait pas fini d’accuser le coup que la facture d’électricité qui plafonne généralement à 30000 F a atteint 65 000F. « Je n’ai acquis aucun nouvel appareil. Ma consommation d’eau est restée stable. Je n’ai pas fait de réclamations parce que je n’ai pas vraiment le temps pour gérer tout cela, faire des requêtes et tout. Les fois où j’ai fait des interpellations, je n’ai pas eu de retour », témoigne Franklin Nyeki. Un simple Tweet a réussi à déclencher une avalanche de témoignages similaires. Beaucoup déclarent payer bien plus qu’ils ne consomment. Clarence Agbor pense être aussi une victime. Ses factures d’électricité sont passées de 5 000 F à 22 000 F en l’espace d’un mois. « J’ai de bonnes relations avec mon releveur donc je l’ai interpellé. Il m’a fait savoir que précédemment, on ne relevait pas mon compteur. Les montants des factures étaient donnés de façon aléatoire. Au cours des cinq dernières années sur mes factures, l’espace Tva était vide mais cette fois je vois un peu plus de 4000F », explique M. Agbor.
Du côté des opérateurs, difficile de déclarer que les cas sont plus récurrents que dans le passé. « Il y a une procédure qu’il faut suivre », déclare Joseph Marie Bienvenu Eyafa, directeur régional Camwater Yaoundé Agglomération. A Camwater justement, la procédure consiste à rédiger une requête de contestation de facture. Si après descente sur le terrain, il est avéré qu’il y a eu surfacturation, l’entreprise va régulariser la situation. Dans le cas contraire, le consommateur paye. « Il y a trois cas pour lesquels on peut avoir de la surfacturation : la défaillance du compteur, une mauvaise relève, une fuite d’eau. La semaine dernière, nous avons eu le cas d’une femme qui a fait beaucoup de bruit ici mais après descente sur le terrain, il s’est avéré que son voisin était connecté sur son compteur et dans ce cas, c’est non discutable, c’est le client qui paye », relate le directeur régional. 
Pour ceux qui se plaignent de la TVA, elle varie en fonction de la consommation. Plus on consomme, plus le coût augmente. Une source proche de l’opérateur d’électricité Eneo affirme que les problèmes étant spécifiques, il est difficile de généraliser. « La bonne attitude consiste à se rapprocher d’une agence Eneo pour trouver solution à sa préoccupation », affirme notre source. L’Agence de Régulation du Secteur de l’électricité (Arsel) vient de lancer une réflexion sur le système de comptage de l’électricité au Cameroun. Les récriminations en rapport avec ce dysfonctionnement représentent 60% des plaintes déposées à l’Arsel. Il sera par exemple question d’aboutir à l’installation systématique des compteurs prépayés/intelligents. 
 

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