Recommandations du Grand dialogue national : un comité de suivi créé

L’instance mise sur pied par le président de la République et placée sous l’autorité du Premier ministre, chef du gouvernement devra veiller à la mise en œuvre des décisions prises par la rencontre de Yaoundé.

Six principales missions sont assignées au Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Grand dialogue national créé avant-hier par un décret du président de la République. Elles vont du suivi de la mise en œuvre proprement de ces recommandations à l’exécution de toutes autres tâches prescrites par le président de la République, en passant par la prise des orientations stratégiques nécessaires à la mise en œuvre desdites recommandations, la prescription de toute mesure visant la mobilisation des Camerounais de l’intérieur et de l’extérieur, en vue de leur implication à la construction de la paix et à la poursuite du développement national, la collecte des avis et suggestions susceptibles de faciliter la mise en œuvre des recommandations issues du Grand dialogue national… L’instance placée sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement, compte en outre vingt autres membres. Ils sont issus de différents secteurs. On y retrouve le président de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, des autorités religieuses à l’instar de l’archevêque métropolitain de Yaoundé, l’archevêque émérite de Douala, des représentants de l’église catholique relevant de la province ecclésiastique de Bamenda, de l’Eglise presbytérienne camerounaise, de la Cameroon Baptist Convention, des représentants de la communauté musulmane des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des associations des femmes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, de la diaspora et de la société civile. Et même le président du Conseil national de la jeunesse. 
Le secrétariat du Comité est placé sous la responsabilité du rapporteur des assises qui se sont tenues à Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre 2019. Dans le cadre de son travail, et selon les dispositions de l’article 4 du décret présidentiel, le Comité devrait se réunir au moins une fois par semestre à la diligence de son président. L’instance ne pourra valablement délibérer que si au moins deux tiers de ses membres sont présents. Elle prend ses décisions à la majorité simple de ses membres. Dans le cadre de l’accomplissement de ses missions, le Comité est assisté par une cellule technique qui est notamment chargée de la préparation des réunions du Comité, de la mise en œuvre de ses décisions, du suivi au plan opérationnel des activités liées à la mise en œuvre des recommandations du Grand dialogue national, de la conservation des archives et de la documentation.
Mais il faut relever que le Comité de suivi mis sur pied par le président de la République a déjà des bases pour faire son travail. En effet, les assises de Yaoundé avaient débouché sur une cinquantaine de recommandations. On se rappelle alors que dans un message aux participants et à ses compatriotes via twitter à la fin des travaux le 4 octobre 2019, le président Paul Biya écrivait au sujet de ces recommandations : « Je puis vous assurer que toutes feront l’objet d’un examen attentif et diligent dans la perspective de leur mise en œuvre, en tenant compte de leur opportunité et de leur faisabilité, mais aussi des capacités de notre pays. Elles sont nombreuses aujourd’hui qui ont été suivies d’effet. Il y a eu le 24 décembre 2019, la promulgation de la loi portant promotion des langues officielles ; il y a eu le même jour la loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées qui comporte de nombreuses réponses (statut spécial des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, augmentation de la fraction des recettes de l’Etat en faveur des collectivités territoriales en les faisant passer à 15%, renforcement de l’autonomie des collectivités territoriales décentralisées, suppression du poste de délégué du gouvernement) ; de nombreuses personnes ont été libérées et le gouvernement a poursuivi le processus de réinsertion des ex-combattants ; il y a eu la décision présidentielle d’ordonner le recrutement de 500 traducteurs et interprètes… Autant dire que le Comité de suivi aura du pain sur la planche.
 

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