Lutte contre la pauvreté dans le Nord: les fruits de la coopération

A la tête d’une délégation interministérielle, le Minepat, accompagné de l’ambassadrice d’Italie, a visité les réalisations.

«C’est juste une goutte d’eau dans la mer, par rapport à l’immensité des besoins ! » La modestie des propos de l’ambassadrice d’Italie au Cameroun Samuela Isopi, tranche avec l’enthousiasme des populations bénéficiaires des réalisations de la coopération Cameroun – Italie dans la région du Nord. Lors de la visite de ces investissements par une délégation interministérielle conduite par le Minepat Louis Paul Motaze lundi dernier, le premier indicateur de cette gratitude fut la forte mobilisation observée dans tous les différents sites concernés. A Gaschiga, arrondissement de Demsa, le Centre de santé intégré de Pomla Manga inauguré pour l’occasion, rutilant et flamboyant, vient améliorer considérablement l’offre sanitaire de la commune. A quelques kilomètres de là, à Pitoa, c’est l’école publique de Badjouma qui bénéficie d’un bloc de deux salles de classe. Les écoles maternelles de Mbilga et de Djamboutou, ou encore l’école publique bilingue de Djamboutou, bénéficient elles aussi, d’édifices et infrastructures financés grâce au partenaire italien.
Aux différents bénéficiaires de ces investissements, le Minepat Louis Paul Motaze va rappeler qu’ils rentrent avant tout dans la volonté du chef de l’Etat, de gagner à côté de la guerre contre Boko Haram qui affecte particulièrement le septentrion, « l’autre bataille » que représentent le développement et la lutte contre la pauvreté. Et pour ce combat-là, la santé et l’éducation représentent des clés. C’est pourquoi, après le consentement par le gouvernement italien d’annuler la dette du Cameroun, il a été convenu que les ressources provenant de cette annulation soient prioritairement orientées dans ces secteurs. Trois milliards de F ont ainsi été mobilisés pour la mise en œuvre de la première phase de ce programme (2009-2011), alors que la deuxième phase (2016-2018) va permettre d’investir neuf milliards de F, à raison de trois milliards par an. Les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est étant prioritaires dans l’orientation de ces différents projets.
Mais au-delà des réalisations physiques, le Minepat va insister sur la fonctionnalité et l’entretien de ces investissements. Ce qui requiert un déploiement de personnels et d’équipements, auxquels le gouvernement va rapidement pourvoir. Et dans le secteur de l’éducation en particulier, devant son collègue de l’Education de base Youssouf Hadidja, il va en appeler à une amélioration du niveau de scolarisation de la jeune fille dans les communes du Nord.

« Nous discutons régulièrement »

Louis Paul Motaze, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

« L’Italie a consenti à alléger la dette bilatérale du Cameroun. Et il a été décidé entre les deux gouvernements que l’utilisation des sommes ainsi remises, devait  faire l’objet d’un consensus autour des secteurs et des régions qui doivent en être bénéficiaires. Les secteurs retenus sont la santé, l’éducation et le développement rural. Ce sont des secteurs importants dans la stratégie de lutte contre la pauvreté. Et nous avons un comité mixte bilatéral, où nous discutons régulièrement avec Mme l’ambassadrice. Du fait des affres de la guerre et de l’insécurité, nous sommes tombés d’accord qu’il fallait concentrer nos efforts sur les régions septentrionales et l’Est ».

« Nous avons ciblé les régions les plus vulnérables »

S.E Samuela Isopi, ambassadrice d’Italie au Cameroun.

« C’est la concrétisation d’un document-cadre concrétisé à l’occasion de la visite du président Materella au Cameroun. Nous avons ainsi ciblé les régions les plus vulnérables du pays et les secteurs fondamentaux pour le développement. Nous espérons que ce n’est que la première étape. Nous remercions donc le gouvernement de nous avoir proposé l’utilisation de nos ressources vers ces cibles. J’adresse un appel aux autorités locales et aux populations de considérer ces infrastructures sociales réalisées ensemble comme des propriétés de la communauté ».

 

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